1 ) Le religieux et le social

Dire Montauban la protestante c’est par définition dire que les catholiques y imposèrent leur loi à partir de 1622 et au moins jusqu’en 1790. Mary-Lafon a écrit l’histoire de Montauban la protestante et à permis de révéler les diverses formes du protestantisme. Non pas Luther contre Calvin mais la noblesse protestante face au clergé protestant, aux croyants et aux militaires protestants. Quatre intérêts sociaux parfois divergents.

Dire Castelsarrasin la catholique c’est dire qu’elle a était totalement catholique mais à un degré moindre de celui de sa voisine Moissac. Elle a été catholique surtout pour être du côté du pouvoir politique et non pas du côté des rebelles. Moissac a été dominé par le pouvoir religieux.

2 ) La naissance

Montauban fondée en 1144 par le comte et pour le compte de Toulouse.

Castelsarrasin fondée en 1230 le comte et pour le compte de Toulouse si on se fonde sur la charte des communes.

Ici nous quittons la religion pour installer le pouvoir politique.

Un siècle d’écart ?

En fait de telles fondations ne sont qu’une mise en ordre administrative. Le peuplement était bien antérieur.

Les vestiges romains autour de Castelsarrasin sont encore plus nombreux qu’autour de Montauban.

3 ) L’évolution politique

Montauriol devenu Montauban était née à partir de l’abbaye de St Théodard.

Quel rôle pour l’abbaye de Belleperche quant au peuplement du site de Castelsarrasin ? La ville s’appuie sur deux paroisses ce qui fait que les deux églises sont sur la marge, par rapport au château et à l’hôtel de ville qui sont au centre.

Dans les deux villes, de toute façon, les consuls se doivent d’imposer leur pouvoir contre celui des religieux plus que contre celui des seigneurs.

4 ) Des villes à la limite

Les deux villes ont ce point commun : elles sont à la limite du Languedoc face au Quercy. Sous l’Ancien régime ce fait n’était pas sans importance car dans bien des domaines, juridiques, sociaux, militaires les droits ne sont pas les mêmes.

4 ) Le cas de la Révolution

La Révolution sert de révélateur pour mesurer l’impact du religieux.

Les protestants montalbanais s’engouffrent dans la révolution pour enfin mettre à bas la domination catholique.

Inversement les catholiques et l’essentiel de la noblesse vont s’appuyer sur le peuple de fidèles (souvent des ouvriers des patrons protestants) pour arrêter la Révolution.

Mais quand ce peuple de fidèles va comprendre que les intérêts du clergé et des nobles n’est plus le leur, ils vont rejoindre la Révolution en passant directement dans le camp de la sans-culotterie devenant ainsi les surveillants des dirigeants protestants. C’est ce que j’ai pu révéler en comparant la liste des dirigeants des confréries catholiques avant la révolution et les membres du comité de surveillance.

Cette situation a engendré l’unité permanente de la société populaire, unité nécessaire face au danger important du camp den face.

Les catholiques castelsarrasinois n’ayant pas en face une bourgeoisie protestante, ni un abbaye proche, le pouvoir politique y est le plus autonome.

5 ) Trois Conventionnels pour le symbole

Montauban : Jeanbon Saint André, pasteur protestant (1749-1813)

Moissac : Pierre Delbrel, avocat (1764-1846)

Castelsarrasin : Julien-Bernard-Dorothée de Mazade, avocat (1750-1823)

Les trois réussissent à traverser la Révolution car les trois vont accomplir plusieurs missions hors de Paris.

Deux vont assister au retour des rois.

Le plus Montagnard de tous est Jeanbon Saint-André radicalisé par le conflit.

Le moins Montagnard de tous est de Mazade bien que la Société populaire de sa ville ait épousé les positions Robespierristes.

Delbrel se situe entre les deux.

Une étude croisée des trois villes permettrait de mieux comprendre le fonctionnement social.