Voici un article de la Gazette de France (orthographe en partie conservée)

EXTRAIT d'une Lettre écrite de Montauban,

le19 Novembre1766

« On est ici dans la plus grande cousternation. La rivière de Tarne a débordé si considérablement que, depuis trois jours, elle environne trois Faubourgs de cette Ville, et les eaux minant les fondemens de toutes les maisons qui y sont situées, en ont déjà fait écrouler trente. Elles ont tellement pénétré les terreins où elles se font répandues, que la grande rue du principal de ces Faubourgs, qui est le quartier le plus riche de la Ville, s'est affaissée en plusieurs endroits. Plus de deux cens familles qui habitoient les maisons inondées, ont été obligées de sauver avec  précipitation leurs effets les plus précieux &

d'abandonner le reste, ainsi que les maisons mêmes, à la merci des eaux. L’Intendant de la Province a passé près de deux jours & deux nuits à donner, sur les lieux de l'inondation, les ordres nécessaires soit pour étayer les maisons qui menaçoient ruine & en faire sortir les particuliers qui ex posoient leur vie afin de sauver leur effets soit pour faire transporter en lieux de sûreté les effets qu'on a eu le temps de retirer des maisons. On fait distribuer dans les Places publiques, du pain aux gens du

Peuple, qui se trouvent sans ressources & sans asile, &, le soir, ces malheureux se retirent dans les Eglises, La perte que cette  espèce de déluge a occasionnée & les suites

qu'on a lieu d'en redouter ne pourront être réparées de plus de trente ans. Depuis ce matin, l'eau a baissé de trois pieds, et il y a apparence que ses ravages se termineront par la chute de plusieurs autres maisons,

lorsqu'elle viendra à se retirer entièrement. On ne parle, jusqu'à prêtent que d'un seul  homme qui ait péri.