Le mercredi 17 octobre pour l'ASPC à Castelsarrasin j'ai précisé au public que je ne présenterais que six mois de la vie de Mazade sinon nous y serions encore le lendemain matin a suvre le temps allant de 1850 à 1823. Les présents ont pu croire que je n'exagérais pas car pour 4 mois seulement (octobre 1792 à janvier 1793) il m'a fallu 1 h 15 alors que je dépasse jamais 40 minutes dans mes conférences. Jean Bernard Dorothée Mazade avait 42 ans quand il est devenu député de la Haute-Garonne à la Convention. Il considéra de son devoir de rendre compte des débats de cette assemblée, à la Société populaire de Castelsarrasin par de nombreuses lettres (disponibles prochainement sur le site de La Brochure). En particulier sur le jugement de Louis XVI. Du 22 octobre 1792 au 17 janvier 1793 il a pesé le pour et le contre et a conclu par une opinion imprimée par ordre de la convention le 19 janvier 1793.

La conférence a permis de suivre l’évolution de sa pensée qu’il exprime ainsi à la fin des débats :

1 ) « J'avoue que, frappé par les faits que l'Angleterre offrit à l'univers dans le dernier siècle, l'exécution immédiate du conspirateur qui se trouve au Temple m'offrait de grands inconvénients. » En Angleterre Charles Ier a été jugé et exécuté pour haute trahison rn 1649. La monarchie fut alors abolie et une république appelée Commonwealth d'Angleterre fut instaurée avec Oliver Cromwell à sa tête. En 1660, la monarchie fut restaurée et le fils aîné de Charles Ier monta sur le trône sous le nom de Charles II.

2) « Je ne crois point facilement aux partis; je n'entre point dans des cercles partiels ; je ne connais, je ne suis d'autre parti que celui du bien public. Je ne vois aucun Cromwell derrière la toile; mais il existe encore des hommes qui ont l'âme de Cromwell; et qui me répondra que des circonstances critiques ne sont pas favorables à la conception et au développement de projets liberticides? J'inclinais donc pour le renvoi aux assemblées primaires. »

Pour éviter que la Convention ne se déchire il pense que les électeurs doivent décider sans sous-estimer les dangers de la proposition.

3) « Je viens de lire l'opinion de Thomas Payne; je l'ai lue sans enthousiasme; je l'ai méditée; elle m'éclaire, elle me décide, et je pense qu'en l'adoptant je sers tout à la fois la justice, mon pays et l'humanité. Magistrat pendant plusieurs années, je ne prononçai jamais un jugement de mort. Je ne vis jamais le droit de l'infliger dans la société, lors même que je reconnus dans chaque homme le droit de repousser la violence par la force. »

Conclusion pratique de Mazade :

« Je demande :

1°que la Convention déclare que Louis et sa famille sont bannis à perpétuité des terres de la République ;

2° Que néanmoins, et jusqu'à l'instant où toutes les sociétés politiques de l'Europe et les Etats-Unis auront solennellement reconnu la souveraineté absolue du peuple français, Louis et sa famine demeurent en état de réclusion;

3° Qu'ils soient tenus de choisir pour le lieu de leur exil les terres des Etats-Unis, et que ces derniers accèdent à cette mesure;

4° Que les comités de sûreté générale et de législation réunis présentent à l'Assemblée, dans un bref délai, un projet relatif à la garde et à la réclusion provisoire de Louis et sa famille. »

Cette position minoritaire n'empêchera pas Mazade de continuer à participer à la Révolution. Le jour de la mort du roi il est envoyé en mission en Vendée. J-P Damaggio