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Dans un message précédent j'ai inclus dans le document cet article sur les langues à l'île Maurice. Je le reprends ici avec la carte car le phénomène me semble étonnant pour un si petit pays. La carte n'est pas très juste car le franbçais y apparaît seulement dans de petits îlots alors qu'il est partout comme en témoigne la presse souvent en français. A suivre. J-P Damaggio

 

Le Monde diplomatique, Septembre 2014, île Maurice

Statut des langues et des communautés par Laurie Merigeaud

 La Constitution ne désigne pas de langue officielle, mais l’anglais a acquis ce statut de manière coutumière. Les textes juridiques sont rédigés dans cette langue, qui est aussi celle des administrations, des tribunaux et des entreprises.

L’anglais est la langue officielle du Parlement. Cependant, si la capacité à maîtriser cette langue est une condition d’éligibilité (article 33) à l’Assemblée nationale, les députés peuvent s’exprimer en français (article 49).

En outre, au nom de la protection de la liberté individuelle (article 5), toute personne arrêtée ou détenue doit être informée «dès que raisonnablement possible et dans une langue qu’elle comprend». De même, tout individu comparaissant devant les tribunaux et établissant qu’il ne maîtrise pas l’anglais peut témoigner ou faire toute déclaration dans la langue qu’il manie le mieux.

Les fonctionnaires utilisent généralement le français ou le créole.

Selon l’Education Act de 1982, dans les classes élémentaires des écoles primaires liées à l’Etat, jusqu’à la troisième année incluse, toute langue qui, «de l’avis du ministre, convient le mieux aux élèves» pourra être utilisée pour l’enseignement. L’étude du créole est proposée en primaire depuis 2012.

De plus, pour assurer la représentation des communautés (Indiens, Franco-Mauriciens, Africains, Chinois), un système dit du «meilleur perdant» (best loser) corrige les résultats des élections législatives par l’attribution de huit sièges aux communautés les moins bien représentées. Chaque candidat doit donc déclarer son appartenance à une communauté. En 2014, le gouvernement a lancé une réforme destinée à remettre en cause cette obligation contestée par le Comité des droits de l’homme des Nations unies. En juillet, celle-ci a été supprimée par un amendement constitutionnel.

Laurie Merigeaud