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Le Lexique amoureux de Montauban, comme je l’ai déjà indiqué, est une œuvre réalisée à partir des historiens liés à la fac du Mirail. En conséquence Jean-François Soulet n’a eu aucune difficulté pour croiser Rémy Pech et lui demander s’il n’avait pas une pierre à apporter à l’édifice ce qu’il a fait avec trois thèmes, Bonnafous Irénée, Daziron Alain et l’occitanie.

N’ayant pas usé ma vie sur les bancs de l’université j’ai croisé agréablement Rémy Pech dans des circonstances improbables. Président honoraire de l’université Toulouse-Le Mirail, son champ d’investigation sur l’histoire rurale et ouvrière a conforté son contact avec la langue occitane et c’est par un hommage à Auguste Fourès (il vient d’avoir les honneurs du Gai saver), organisé par le si sympathique André Lagarde, que je l’ai d’abord croisé. Puis des années après, nous nous sommes retrouvés aux côtés de Renaud Jean. Pour les lectures j’ai bien sûr tout son travail sur Jaurès.

J’apporte ces précisions pour expliquer comment son élève Alain Daziron peut se retrouver dans ce Lexique amoureux de Montauban sous le titre : la voix de l’identité communale. Pour Montauban, Roland Garrigues retiendrait comme identité de Montauban : belle et rebelle.

Je retiens la phrase très juste de Rémy Pech :

«Daziron rend obsolète le célèbre diptyque «penser globalement agir localement» car il veille en permanence à penser et agir globalement ET localement.»

Voilà qui ferait un beau thème de journées de Larrazet où Rémy Pech pourrait venir expliquer comment lui-même n’a jamais cessé de penser et agir globalement ET localement. Comment Jaurès a toujours été à la fois à Carmaux et à Paris et s’il était à Paris c’est parce qu’il était aussi et en même temps à Carmaux.

« Penser global, agir local » est une façon classique de mettre la pensée au-dessus de l’action avec cependant une touche matérialiste : la pensée naît de l’action. Je le dis contre les idéalistes pour qui la pensée vient du ciel des idées.

Il n’est pas interdit de renverser la formule : « penser local, agir global » pour dire qu’à partir de la vie locale on se forme une pensée qui peut seule aider à agir globalement. Dans ce cas l’action revient à la remorque de la pensée mais une pensée qui naît de la vie concrète car le local est l’ancrage de chacun même pour l’exilé qui, s’il perd un local en gagne un autre.

A Larrazet a donc discuté l’autre diptyque cher à Bernard Lubat, souvent venu aux Journées : «le local c’est l’universel moins les murs ».

Car en effet, c’est quoi le local ? Daziron a bien sûr toujours refusé cette marque en partie négative du local qui renvoie à la marque souvent négative attribuée aux frontières. Là aussi il ne faudrait pas faire dire plus ou moins à un diptyque d’un génial portugais, Michel Torga.

«Le local c’est l’universel par les murs » ? En effet pour Daziron si on enlève les murs il n’y a plus de local mais les murs qui forment les limites d’une commune ne signifient pas une identité fermée, mais un point d’appui pour une identité ouverte car pour s’ouvrir il faut un point d’appui.

Pour moi il s’agit d’aller toujours au-delà de formules qui finissent par masquer la vie. Mais les 4000 signes d’une rubrique du Lexique amoureux de Montauban n’avaient pas pour vocation d’aller au-delà du flash d’un souvenir et je remercie donc Rémy Pech d’avoir été lui-même en repensant à l’élève Alain Daziron. La fonction du livre est bien là, partir d’un flash pour inciter à aller plus loin. J-P Damaggio