tareferos-esta-1

 

Je n’oublie pas l’Argentine et son maté. Un article récent me permet de revenir sur une visite que j’y ai réalisée dans une coopérative de maté où tout était bien expliqué avec film à l’appui mais pas les conditions de travail des cueilleurs car la coopérative présentait la question du côté des propriétaires par rapport aux négociants.

Le gouvernement vient de diminuer une aide aux 10000 tareferos, les cueilleurs de la feuille. Des manifestations se sont aussitôt produites : on leur paie 3 pesos pour un équivalent vendu 100 pesos. « Avec un sac en cuir dans lequel Juana porte des vêtements de rechange, un thermos rouge pour le tereré à la main et une éternelle lassitude dans son regard, Juana est entrée dans un collectif à 2 heures de l'après-midi lundi pour être mardi 10 heures du matin à Buenos Aires en marche avec ses compagnes et compagnons tareferas. »

Voilà son repas quotidien : "Je fais presque toujours des nouilles, du riz et des sautés (une sorte de gâteau frit fait avec de la graisse, de la farine, de l'eau et du sel)"

La coopérative visitée était une exception paysanne car dans les faits quatre grands établissements dominent le marché : Las Marías, Molinos Rio de La Plata, Andresito et Kabour. Le paysans groupés dans la coopérative ont visé la haute qualité pour tenir face aux géants.

La cueillette se fait de mars à septembre.

La subvention qui était versée par l’Etat et qui vient de diminuer était une aide pour les périodes en dehors des cueillettes.

Une baisse injuste puisqu’elle est financée par une taxe sur chaque paquet d’herbe acheté de 60 centimes.

Les petits paysans se sont souvent joints à la manifestation des tareferos car ils considèrent qu’ils sont à la base de leur travail.

 Vu le côté insalubre reconnu à ce travail la retraite est possible après 25 ans de travail mais à un taux si faible travaillent encore.

J-P Damaggio