sans-culottes à montauban

sans-culottes montauban

Plusieurs coïncidences m’ont poussé à étudier le cas des sans-culottes montalbanais à partir de 1982. J’y reviens aujourd’hui car sur le Lexique amoureux de Montauban on évoque Gautier-Sauzin qui est à l’origine d’heures et d’heures passées aux Archives départementales à Montauban.

J’ai pu conduire mon étude car j’y ai trouvé un document rare, le registre des délibérations du Comité de surveillance.

Je rappelle que la Révolution a reposé beaucoup sur la création des fameuses et magnifiques sociétés populaires. Pour Montauban les registres de délibérations existent aussi. Puis les autorités ont décidé que les sociétés populaires devaient créer, parmi leurs divers comités, un comité de surveillance. Partout, ce furent l’arme majeure des sans-culottes.

D’un côté il y avait le pouvoir municipal et de l’autre le pouvoir de surveillance. Une des raisons de cette création concerne les subsistances. Les sans-culottes se devaient de repérer les spéculateurs qui cachaient le blé, pour attendre la montée des prix avant de le vendre. Il s’agissait aussi de surveiller la vie municipale qui devait passer des bonnes paroles aux actes.

J’ai ainsi pu repérer les membres formant cette équipe d’acteurs sociaux, très unis, très mobilisés et si semblables. A Montauban, la municipalité jacobine de 1793 était tenu par ma bourgeoisie protestante avec comme référence le pasteur Jeanbon Saint-André.

Les membres du Comité de surveillance étaient clairement des membres de la petite bourgeoisie : artisans (surtout les cordonniers), petits fonctionnaires. Et je me suis posé cette question : étaient-ils plutôt protestants ou plutôt catholiques ? Par chance, il existe aux Archives départementales des documents sur les confréries religieuses d’avant 1790 et là, surprise : les dirigeants des confréries étaient presque tous, les mêmes que les dirigeants du Comité de surveillance !

Daniel Ligou, celui qui a commencé sa vie d’historien par l’étude de Montauban et la Révolution, puis qui a publié une biographie de Jeanbon St André et qui a été ma référence, n’a traité que de manière secondaire la question des sans-culottes. L’ayant croisé il a pointé cette découverte. Elle permet de comprendre les événements du 10 mai 1790 à Montauban. A ce moment-là la municipalité catholique a réussi à mobiliser à ses côtés les ouvriers catholiques des patrons protestants et favorables à la révolution. C’est le mouvement même de la Révolution qui a permis à des figures du peuple catholique de passer d’un bord politique à l’autre. La politique est une affaire de rapport de force et de mouvement.

JP Damaggio

 

J’ai déjà évoqué la question :

Une lettre des sans-culottes de Montauban

Sur un sans-culotte montalbanais

Le livre sur les sans-culottes