Revue_M_juillet_labeyrie_et_la_vitesse

Michéa venant à Larrazet, j’ai été renvoyé vers Clouscard.

Ayant croisé Patrick Tort à Puycelsi, j’ai été renvoyé vers Labeyrie.

Et dans tous les cas je retrouvre la fécondité des années 80.

Dans cet article de Labeyrie sur la vitesse qui se trouve dans le même numéro où Clouscard dénonce le faux clivage droite/gauche, il ne traite pas directement de questions d’écologie mais de celle de la vitesse qui deviendra l’obsession de Paul Virilio.

Labeyrie le fait sous l’angle du pacifisme cher à son cœur.

Trente ans après on peut dire qu’il a eu raison seulement en partie.

Il a eu raison de pointer le risque de mort de la réflexion du citoyen pris par la vitesse de la circulation.

Il a eu tort de croire que la recherche allait se fossiliser. D’abord parce que le gigantisme des entreprises n’était pas une fatalité capitaliste même si la Chine ou l’Inde d’aujourd’hui en conserve les traces.

Labeyrie était, à juste titre, du côté de «petit est magnifique». Mais la circulation planétaire et rapide de l’information a aussi multiplié les conditions permettant à la recherche de faire de grands bonds. Mais des bons en avant ou vers le vide ? Là ont rejoint les craintes formulées par Labeyrie. Alors a été inventé «le principe de précaution».

Ce système est-il à la hauteur de ce que pointe Labeyrie, à savoir que les effets sur la nature se produisent sur le long terme alors que les décisions visent le court terme.

Il aurait pu évoquer les questions d’éducation des enfants. Autour de 1880 un système a été mis en place pour un siècle alors que les réformes actuelles tentent de colmater les brèches avec des rustines.

Comment dans une société socialiste les citoyens pourraient reprendre le pouvoir sur le temps ? A mon sens la question reste entière. J-P Damaggio