Au cours de ma carrière j’ai le regret de ne pas avoir assez souvent noté les perles enfantines. J’en ai éparpillé quelques-unes ici ou là mais en cherchant un texte de Patrick Tort je retombe sur Gérard Tartanac et les perles suivantes que je reprends avec plaisir :

« Débattant sur le thème de la liberté un enfant de CM2 lâcha :

-         La liberté c’est de ne pas payer d’impôt !

-         Alors en France on n’est pas libre, riposta son voisin.

Après diverses autres opinions comme « la liberté c’est de ne pas aller à l’école» un autre répondit : «celui qui est ignorant ne peut pas être libre» ce qui amena une voix féminine à préciser (sans doute après une dure réflexion) : « La liberté c’est de pouvoir travailler ».

 Bien sûr, derrière chaque parole on peut imaginer une ambiance familiale. Par contre sur cet autre thème, l’enfant de 5 ans est seul face à lui-même :

-         Quand on est vieux, on mange ?

-         Oui, on mange !

-         Et si on mange beaucoup on redevient jeune ?

 

Le maître déclara à l’adresse d’une fille turbulente :

-         Puisque tu as des idées va écrire le mot idée au tableau !

Le maître prêt à sanctionner la faute d’orthographe qui allait être inévitable, entendit alors la voix de 8 ans d’un perturbateur classique dire:

-         Oh ! elle ! Elle a même une idée pour construire l’intelligence !

 

Un enfant de 8 ans : je trouve que la vie adulte c’est la vraie vie.

 

Le maître insiste en disant :

-         Vous remarquez bien le T à la fin de cent !

Et un élève plus savant que les autres (7 ans) interrompit le maître :

-         Je sais pourquoi il faut un T à la fin de cent. Au féminin ça fait la santé.

 

Après  une étude des sigles, en sortant en récréation un enfant de 9 ans indique au maître :

-         Je sais ce que veut dire U.S.A. ?

-         Très bien, et ça veut dire quoi ?

-         Union Soviétique Américaine.

 

Le plus bagarreur d’une classe, il a 12 ans et à la demande du maître souhaitant qu’on écrire quelque chose à partir du thème, si j’étais une rivière il écrivit :

Si j’étais une rivière

Je ferais des prières

Pour qu’il n’y ait plus de guerre

Et que le bonheur règne sur la terre.

 

La discussion en cour de récréation avait dû être animée aussi en rentrant un enfant de 7 ans demande au maître :

-         C’est bien vrai que c’est le directeur qui te paie ?

-         Ah ! non lui répondit-il et il put lire la déception dans son regard.

-         Tu vois que j’avais raison, c’est le maire qui le paie, enchaîne un autre enfant.

-         Pas davantage, précise le maître.

Alors du fond de la classe, une voix plus autorisée lança :

-         Je vous l’avais dit, c’est l’association des parents qui le paient !

J-P Damaggio