Nous, simples citoyens nous sommes coupables de tout ! Nous n’avons que peu de pouvoirs et pourtant nous décidons de tout ! Eduardo Galeano a écrit un livre sur ce monde à l’envers !

Pour des raisons doublement historiques, sa naissance sur les terrains de guerre européens et sa forte immigration dans le monde, la population italienne a été la plus pro-européen de toutes, d’où le Traité de ROME. L’extrême-droite y avait ses forces mais la démocratie aussi. Les politiques de droite, de centre-droite, de centre-gauche, de gauche ont conduit au désastre, et les électeurs ont alors choisi deux courants, la Ligue et le M5S. Les victimes des politiques deviennent les coupables de ce glissement à l’extrême-droite ! C’est insupportable surtout quand en France les grands médias privilégient pendant la campagne électorale Berlusconi (qui était au bout du rouleau), et depuis, Salvini, sans rien dire de la complexité de la situation. Donc on va braquer le projecteur sur la question des exilés, plus que sur le projet de revenu universel, ou de diminution de l’âge de la retraite. Je ne suis pas favorable à ce type de «revenu» mais l’honnêteté médiatique voudrait qu’on s’y intéresse sauf que Salvini est plus «pratique» que Di Maio ! L’Italie a servi pour les médias dominants français de bien mauvaises causes comme quand on vantait le PCI pour ridiculiser le PCF !

Or en France c’est encore plus terrible puisque depuis 1984 toutes les politiques font le jeu, par divers moyens, de l’extrême-droite. Sauf que voilà, ce sont les gilets jaunes qui vont faire le jeu de ce parti ! Ce faisant les commentateurs se tirent une balle dans le pied car, comme au moment du TCE, leur arrogance alimente la colère !

François Ruffin et d’autres insoumis disent qu’il faut être dans cette action pour ne pas laisser l’extrême-droite tout récupérer. Le seul point utile est le suivant : cette action est-elle légitime ? Je dis oui !

Alors vient la question sur le moyen d’action, le blocage. Quand la dite démocratie rend inopérant les moyens classiques, il ne reste que le blocage ! D’autant que pour les transporteurs routiers, les agriculteurs, les bocages ont fait la preuve de leur efficacité à des fins que je ne partage pas.

Je n’ai pas été favorable aux «bonnets rouges» qui servaient suelement les transporteurs, et, comme on a pu ensuite le vérifier, la fin de cette taxe envers les transporteurs a été transformée en taxes vis-à-vis de tout le monde par des centimes en plus, à la pompe, quand les transporteurs bénéficient de déductions ! C’est une politique contre le fret ferroviaire qui a donné tous les pouvoirs aux camionneurs pour l'enlever aux cheminots après 1995 ! Une politique qui continue, malgré le battage contre le diesel ! Est-il prévu de faire rouler les camions au super ? Pour éviter une «écologie punitive» faudrait-il encore avoir des politiques écolos et la démission de Nicolas Hulot est symbolique sur ce point, vu la modération du personnage.

 Mais si les taxes sont baissées, ne peut-on pas en déduire une fois de plus que ce qui peut se gagner d’une main risque de se perdre de l’autre ? Le capitalisme sait retomber sur ses pieds même face à un mouvement comme mai-juin 1968. Cependant dans l’action chacun peut apprendre de l’expérience, et cet apprentissage peut avoir des conséquences imprévues.

Le 17 novembre tous les manifestants n’auront pas les mêmes raisons, mais aucun ne sera là pour le bien du RN-FN. Ce point se règlera ailleurs, par la confrontation des programmes au moment des élections, programmes dont le cœur est toujours le même : quelles recettes pour les pouvoirs, et quel usage de ces recettes ? Des impôts sur les revenus du capital ou par des taxes sur tous ? Des impôts pour conforter les grandes compagnies ou pour lutter vraiment contre le CO2 ? J-P Damaggio