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Sur le site municipal de Périgny on présente deux membres de la famille de Malartic et pour le gouverneur de l’île Maurice le ton n’est pas celui de l’article précédent. Je conteste le mot « s’acoquina » car à cette époque là les pouvoirs politiques et les corsaires marchaient TOUS la main dans la main sous peine pour le corsaire de perdre le droit à le rester. Il faut se souvenir que les pouvoirs et les corsaires se partageaient les butins pris aux Anglais. Pour le cas de l’esclavage l’appréciation n’est pas aussi simple car ce n’est pas tenir en compte le pouvoir des colons sur le gouverneur. JPD

 

« Ambroise Eulalie de Malartic

Parmi les nobles qui vécurent à Périgny et y acquirent des propriétés, on trouve, entre autres, M. Ambroise Eulalie DE MAURÈS DE MALARTIC, né le 27/07/1737 à Montauban.

Une famille illustre

Il était le fils de Pierre-Hippolyte-Joseph de Maurès de Malartic, comte de Montricoux, seigneur d'Artigues et de Saint-Geniès en Agenois et en Quercy, lieutenant aux gardes-françaises, et de dame Antoinette-Charlotte de Savignac de Saint-Urcisse. Trois de ses oncles avaient été Généraux et il était le frère d’Anne-Joseph-Hippolyte de Maurès de Malartic (1730-1800) lequel, après avoir fait campagne avec Montcalm et donné son nom à la ville de Malartic au Canada, devint gouverneur de la Guadeloupe (1768-1769), puis réprima les révoltes à Saint-Domingue (1769). Promu brigadier d’infanterie en Corse en 1770 puis maréchal de camp en 1880, et enfin général des armées en 1792, il fut nommé gouverneur militaire de l’Île de France (l’Île Maurice) où il s’acoquina avec les corsaires, dont Robert Surcouf, pour protéger l’île contre les Anglais et pour son approvisionnement en nourriture. Il y meurt en 1800 non sans y avoir maintenu en esclavage 40 000 personnes par le renvoi en France, en juin 1796, des délégués du Directoire venus appliquer le décret d’abolition de l’esclavage.

 

Les privilèges de la naissance

Quant à son frère cadet, Ambroise-Eulalie, celui qui sera propriétaire à Périgny, destiné d’abord par sa famille à l’état ecclésiastique, il fut, encore adolescent, chanoine de Billom en Auvergne (20 km à l’Est de Clermont-Ferrand) mais, préférant la carrière militaire, il entra, à 18 ans, le 1er novembre 1755, au Régiment de Vermandois, en qualité de lieutenant. Il prit part en mai 1756, à la campagne de Minorque, au siège et à l’assaut du fort Saint-Philippe de Mahon. Promu capitaine à 22 ans, le 24 juin 1759, il fut envoyé avec son régiment aux Iles-sous-le-Vent, où il remplit les fonctions de major.

Un tour de Passe passe

Nommé major du régiment provincial de Montauban à 37 ans, le 14 février 1774, il épousa, le 20 juin 1774, à Saint-Pierre de Laleu, Eugénie-Françoise Claëssen, veuve depuis 1773 de Pierre-Henri de Régnier, écuyer, seigneur de Périgny et de la Rochebarangère, et fille de l'ancien directeur de la Compagnie des Indes, Nicolas Claëssen et de dame Catherine Dubois. Il échangea alors, en 1774, par arrangement de famille, à François Jouïn de la Tremblaye, la châtellenie de Périgny et le château de Coureilles contre la maison de la Laisse à Périgny que ce dernier détenait du chef de sa première femme, Élisabeth Régnier de la Roche.

Maire de La Rochelle et député de la noblesse

Il devint maire de La Rochelle le 12 juillet 1775, année où il entra aussi à l’Académie des Belles Lettres, Sciences et Arts de La Rochelle, académie dont il sera vice-président en 1779. Nommé lieutenant commandant du bataillon de garnison du Poitou, il fut désigné le 23 juillet 1780 au commandement de l’Île d’Aix.

Il prit part, paraît-il, au maintien du prix du pain à un taux raisonnable lors des disettes de 1785 et 1789 et fut élu le 26 mars 1789, député de la noblesse de la sénéchaussée de La Rochelle aux États Généraux.

Il fut secrétaire de la chambre de la noblesse et soutint à l'Assemblée constituante les privilèges de son ordre. Il protesta contre la réunion des trois ordres en ces termes:

«Le député de la noblesse de la Rochelle forcé, par l'instruction particulière de ses commettants, de ne jamais se départir du droit de délibérer par ordre sur tous les objets qui ne concernent pas l'impôt ou la répartition, déclare qu'il ne peut participer en rien aux délibérations de l'assemblée jusqu'à ce que ses commettants ayant pris, dans leur sagesse, le parti qu'ils jugeront convenable ; en conséquence et d'après l'obtention de nouvelles lettres de convocation pour assembler la noblesse de la sénéchaussée de la Rochelle, le dit député fait toute réserve contre toute décision qui pourrait être prise dans ladite assemblée, et il en demande acte. A Versailles, le 30 juin 1789. Malartic. »

Ce dont il fut chaudement félicité par le comte de Châtelaillon dont il reçut une lettre des plus flatteuses lui exprimant, au nom de l'ordre de la noblesse d'Aunis, sa satisfaction sur sa conduite à l'Assemblée :

«L'ordre de la noblesse m'a prié, Monsieur, de vous témoigner sa satisfaction du zèle et de la sagesse que vous faites paraître dans la place que ses suffrages vous ont déférée. L'expérience lui fait voir qu'il ne pouvait mieux placer la confiance et ses intérêts. La délicatesse de vos sentiments, la pureté de vos intentions et l'activité infatigable de vos lumières, laissent au moins à vos commettants, dans le bouleversement inimaginable où sont aujourd'hui les choses et les esprits, l'espoir énergique et vivifiant de ne jamais perdre l'honneur. J'ai l'honneur d'être Votre très humble et très obéissant serviteur, signé: Le comte de Châtelaillon, grand sénéchal. »

Emigré et ci-devant

Nommé maréchal de camp aux armées du roi le 1er mars 1791, Malartic émigra à la fin de la session, après le 30 septembre 1791 et mourut à Hambourg, en Allemagne, le 17 février 1796 à 59 ans.

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