trou fanfaron

Comme au Québec les noms qui sont encore ceux d’hier à l’île Maurice ont une charge poétique fabuleuse, tout en ayant une charge religieuse moindre.

Je commence par ce coin sombre, cette butte de basalte qui s’appelle Le Morne car en effet il n’y a pas plus morne et quand les esclaves en fuite s’y cachaient la joie ne devait pas se croiser derrière chaque pierre. Le Bambous-Virieux est un autre paysage et j’imagine que c’est un dénommé Virieux qui a trouvé le nom qui a troué cette image de bambou pour désigner d’autres pierres.

A la Pointe des galets il est plus facile d’y trouver des galets que des amourettes au Bois des Amourettes.

Le Gris-gris se distingue car face à cette falaise il n’y a pas la barrière de corail qui a tant fasciné Darwin.

Je délaisse le Coin de Mire pour aller de suite au Grand-Bel-Air. Sur l’île si petite le mot Grand est à toute les sauces comme on le verra.

Beau n’est pas loin n’ont plus avec Beau-Champ où encore la pierre domine.

Et que dire de Riche-en-Eau ? Je n’y vois pas l’eau mais peut-être se cache-t-elle au fond d’un puits !

Je soupçonne qu’à la Baie-du-Tombeau trop de bateaux ont coulé. Autant qu’à la Pointe du diable ? ou au Cap Malheureux ? L’ile est comme un oursin plein de piquants où des bateaux ont été piégés.

Le point stratégique pour cette île stratégique s’appelle l’île de la Passe.

Arrivons à présent en ce point magnifique : Pamplemousses. Tout y est fleurs d’allamanda mais comme Bougainville est passé par là, qu’il y a apporté du Brésil une fleur parfaitement acclimaté (on lui a donné son nom) les jardins en regorgent.

A Port-Louis dont tout le monde dit qu’il n’est pas utile d’y séjourner un quartier a depuis toujours un nom sans pareil : Trou Fanfaron. Sur la photo vous voyez le poste de police construit dit-on en 1767 qui devait ête utile car le lieu était plutôt celui de truands.

Cette ville est surplombée par une citadelle, c’est naturel pour un port, et le fort s’appelle Fort Adelaïde. Au nom d’Adélaïde je pense à une chanson de Jacques Debronckart qui a marqué ma jeunesse du temps où chez Deloche on vendait des 33 tours originaux. Elle est traversée de plusieurs ruisseaux dont le ruisseau du Pouce car il vient de cette étrange montagne qui ressemble à un pouce.

Beau-Bassin et Bel-Ombre ont des charmes différents allant du blanc au sombre.

La sucrerie de Belle-Mare ou cette de Bel-Espoir me ramènent au Québec ; pas au sucre de canne mais à celui d’érable. Ah ! que serions-nous sans le sucre ?

Appeler des entrepôts Chien de Plomb est-ce que ça peut faire rêver ? Moins que Poudre d’or !

J’avais évoqué grand, alors faisons un saut à Grand-Baie lieu touristique par excellence  mais ce n’est pas là qu’il y a Grand-Port et encore moins Grande Rivière lieu majeur du roman Le bal à Dodo, le dodo étant cet animal qui avait survécu sur l’île en l’absence des humains, mais qui ne pouvait pas résister à leur installation. Pensez, un oiseau qui ne volait pas ! C’est vrai il y a aussi l’autruche mais ses grandes jambes manquaient au dodo.

Bref, imaginez que vous partez du Moulin à poudre jusqu’à Solitude pour atteindre Triolet, et là sur la droite vous prenez vers la Plaine aux Papayes puis avant d’y arriver vous avez le choix pour un arrêt Fond du Sac ou Belle Vue. Vous aurez fait moins de dix kilomètres !

Plus au sud-ouest, autour de Beau Songe,vous avez bien Trois Cavernes ou Mon Désir mais la densité est moindre ce qui n’empêche pas qu’un séjour à La Mecque peut surprendre.

A Grande Case, face à l’île aux Bénitiers le paysage est plus sauvage et le lieu devient le moyen du rêve infini. J-P Damaggio