Je n'ai jamais étudié de près les fameux cahiers de doléances mais avec les documents de l'Université de Standford qui en proposent quelques-uns il est facile d'aller vérifier si les cahiers ont évoqué l'esclavge. Et surprise, dès 1789 l'esclavage est évoqué par des cahiers du Tiers-Etat, du clergé ou même un de la noblesse. Voici les exemples. JPD

 

CAHIER Des remontrances et doléances des habitants du tiers-état du bailliage d'Aval séant à Lons-le-Saunier.

Art. 10. Sera éteinte pareillement dans toute l'étendue du royaume la mainmorte personnelle. Sera aussi aboli l'esclavage des nègres dans les colonies. 

CAHIER Bailliage de Beauvais.

Que les Etats généraux prennent en considération le sort des nègres de nos colonies. 

 SUPPLÉMENT AU CAHIER DE DOLÉANCES DU [CLERGÉ DE LA SÉNÉCHAUSSÉE DE BIGORRE

1° Qu'il soit porté une loi nationale qui défende à tout Français, sous peine d'être réputé infâme, de faire, ni directement ni indirectement, la traite des nègres ; et qu'il soit pris, avec les colons d'Amérique, des moyens pour rendre, le plus tôt possible, à ceux qui sont esclaves dans les colonies françaises, la liberté individuelle.

 CAHIER Des doléances de l'ordre du clergé Bailliage de Blois.

3° De s'intéresser à l'adoucissement du sort des nègres dans les colonies. 

 CAHIER, De l'ordre de la noblesse du Calaisis et de l'Ardres Du 23 mars 1789. 

Lancer une mission chargée d'examiner les moyens de proscrire la traite des nègres et de préparer la destruction de l'esclavage dans nos colonies.

 CAHIER Des plaintes et doléances du tiers-état du bailliage du Charolais rédigé et mis en ordre par MM. Villedey de Beaumont, Michel, Baudinot, Gelin, Monnier de Boisfranc, Fricand, Febvre-Girardet, Duchêne,Saclier de Giverdey et Geoffroy, commissaires en cette partie.

Du 27 mars 1789. 

9° Que l'esclavage soit aboli dans les colonies françaises. 

 CAHIER Des plaintes, doléances et remontrances des gens du tiers-état du bailliage principal de Chaumont en Vexin et du bailliage secondaire de Magny

Il demande : L'adoucissement du sort des nègres employés aux travaux des Colonie.

 CAHIER GÉNÉRAL Des doléances, plaintes et remontrances du tiers-état de la sénéchaussée de l’Isle-Jourdain :

6° L'abolition du droit de franc-fief, reste de l’ancienne distinction en libres et esclaves, la plus barbare et la plus humiliante pour l'espèce humaine, diamétralement contradictoire à la signification du mot français, incompatible avec l’éclat de la liberté que les lois attribuent dans le royaume à tous ceux qui y habitent, nés, naturalisés ou étrangers; en conséquence, semblable faculté doit être accordée ou plutôt rendue à tout individu français, concernant l'acquisition et possession des biens, soit seigneuriaux ou autres.