68-2018

Des amis opposés aux gilets jaunes ont indiqué sur facebook leur admiration pour François Ruffin sans savoir qu’en fait, au sein de LFI, Ruffin a été rapidement favorable… aux gilets jaunes.

Parmi les députés LFI il y a deux catégories : les sédentaires et les nomades. Je fais cette distinction sans jugement de valeur, mais parce qu’elle a parfois des conséquences sur les prises de position.

Ainsi, le plus nomade est J-L Mélenchon, et un des plus sédentaire est François Ruffin.

Concernant la position vis-à-vis des gilets jaunes Ruffin a été le premier dans LFI à dire son soutien au mouvement, quand Mélenchon et le PG hésitaient encore, afin de ne pas se mêler à l’extrême-droite. Et je peux témoigner que cette hésitation a été très forte dans le mouvement, mais moins dans l’électorat.

Cette différence d’approche, à gauche, sur les gilets jaunes, renvoie à la question cruciale : quelle est la nature du FN ? Le positionnement est lié à la réponse à cette question. Comme la réponse a induit le choix pour le vote du second tour de la présidentielle.

Ruffin se bat depuis des années dans une région fortement FN et je pense que c’est instinctivement qu’il a souhaité qu’on ne laisse pas les revendications des gilets jaunes à l’extrême-droite.

Pour Mélenchon, je cherche depuis longtemps (voir mon livre sur internet) son analyse du FN or il se limite à cette distinction : les fâchés et les fachos. Sauf que je ne sais pas trop la différence. Je devine qu’un fâché et un électeur FN qui pourrait voter LFI, tandis qu’un facho est un électeur FN fortement convaincu par les idées du FN.

 Ruffin est devenu député à partir de sa propre action dont le bras armé s’appelle Fakir (qui existe depuis 1999). Pendant longtemps je me suis tenu loin de ce journal car Ruffin ne cache pas sa mégalomanie, mais il se trouve qu’en même temps il sait pratiquer à merveille l’autodérision. Mais aussi pour des raisons politiques diverses. Je suis plus du côté de Michéa que de Lordon qui a tapé sur Michéa. Ceci étant il refuse le dogme. Pour son dernier livre sur l’agriculture il n’hésite pas à écouter avec attention des agriculteurs très peu écolo. Quant à la grande culture évoquée pour Mélenchon, elle n’est pas moins grande chez Ruffin.

Il a su très vite capter la colère des gilets jaunes et est intervenu à l’Assemblée nationale pour expliquer son soutien, en renvoyant face à face la hausse des taxes sur les carburants, l’abandon de l’ISF. A ce sujet Marie-France avait repris le thème sur le barrage de Castelsarrasin et elle a découvert que le mot ISF ne disait rien à un gilet jaune. Preuve d’une faible politisation.

 Je ne suis pas en train de jouer le jeu des médias qui aiment bien opposer les deux hommes pour essayer de diviser LFI. Il peut m’arriver d’être d’accord à Mélenchon contre Ruffin (sur la nature de la gauche par exemple), ou d’être d’accord avec Mathilde Panot plus qu’avec Clémentine Autain etc.

Je l’ai écrit cent fois : dans la reconstruction politique actuelle, les sigles n’ont plus d’identité claire en conséquence les positions prises ne sont pas pour ou contre le PS, pour contre EELV mais pour ou contre l’alternative à la vitesse, l’alternative à l’alimentation, à l’énergie utilisée etc… De ce fait je préfère ceux qui cherchent à ceux qui dictent. Et les gilets jaunes cherchent… J-P Damaggio

Ruffin raconte son samedi jaune : ICI.

Mathilde Panot du Val de Marne apporte sa pierre : ICI