Françoi Blot

C’est en écoutant Michéa à Larrazet que j’ai constaté une contradiction dans son propos. A lui, à qui on reproche d’idéaliser le peuple, il répond : et ceux qui idéalisent les élites ont-ils un nom ?

Il y a la question du nom et celle du lieu.

Michéa a répété à Larrazet le côté parisien des élites sauf qu’en même temps il a indiqué que ce cercle fermé, souvent consanguin, était de partout, était cosmopolite.

Alors je me suis dit qu’il faudrait un nom actuel pour exprimer cette situation. Il faudrait arracher les élites à Paris même si la ville n’est plus le lieu populaire d’autrefois.

Et le seul mot que j’ai trouvé à notre disposition c’est : l’utopie !

L’utopie est le non lieu et à présent c’est le capitalisme qui est devenu l’utopie ! Une idée chère à Vazquez Montalban !

Populariser l’utopie, sous cette forme, réussir à inverser le sens premier comme nos adversaires ont inversé le sens de populisme !

Oui, nos élites sont l’utopie, vivent en utopie et rêvent en utopistes !

Ils croient que toute révolte est devenue impossible !

Ils croient être porteurs du futur inévitable !

Ils aiment être de nulle part, le matin à New York et le soir à Bornéo.

C’est justement à Larrazet que j’ai entendu, à propos de Landais qui ne sont pas du village de Michéa, la définition que le peuple donne à une classe landaise d’élite, les Trois M. : Marrackech pour l’été, Mégève pour l’hiver et Monaco pour l’automne. Le printemps est tout de même réservé à quelques contrôles de leurs productions, le maïs ! J-P Damaggio

Photo : le premier intervenant dans le débat venu d'Arnaud Bernard