Samedi il y avait manif nationale à Paris. Pour les organisations que je connais, dire manif nationale à Paris ça signifie que tous les efforts doivent se concentrer sur Paris.

Pour les gilets jaunes certains pouvaient aller à Paris, d’autres manifester dans les rues de Montauban, ou d’autres encore bloquer un rond point à Castelsarrasin. Généralement cette façon de procéder est source de faiblesse quand chez les gilets jaunes c’est source de force.

Je l’ai observé dès le samedi 17 novembre à Castelsarrasin. Un des responsables a rappelé à 6 h du matin: seulement barrage filtrant mais à onze heures c’était parfois blocage.

Certains jugent qu’il faut réclamer des sous pour tenir, d’autres que c’est illégal à partir du moment où il n’y a pas d’association pour la gestion.

On vient de le découvrir, certains jugent qu’il est temps d’avoir des messagers pour faire le lien avec le pouvoir et d’autres refusent de tels messagers.

Les autorités s’arrachent les cheveux et il est facile de constater, à la lecture des communiqués des préfec-tures, que pour cette seconde semaine, les forces de police sont fatiguées.

Le gouvernement a compté sur le fait que cette masse de gens en colère finirait par se diviser, et que l’union perdue serait la défaite assurée.

Dans un premier temps ce fut l’opération minimisation : ils étaient un peu moins de 300 000 le 17 novembre et en plus dès le début une dame gilet jaune tuée par une automobiliste. Comme au supermarché pour les prix, le compteur s’est presque arrêté à 299 999. Le préfet du Tarn-et-Garonne avait compté 2000 pour le département. Pour la manifestation du samedi suivant il a préféré ne pas donner de chiffre car s’il avait indiqué encore 2000, comment expliquer ensuite que le nombre soit divisé par 3 nationalement !

Inversement, je ne dis pas, comme un gilet jaune, qu’il y avait 4000 personnes quand j’ai compté 2500.

Dans un deuxième temps les forces de police sont fortement intervenues pour empêcher un certain nombre de barrages mais pas plutôt parties, les barrages, blocages sont revenus.

Le pouvoir attendait beaucoup de la manifestation parisienne car, c’était une évidence depuis la manif du 1er mai, il allait y avoir de la casse et rien de tel pour discréditer le mouvement. Un commentateur : «Paris à feu et à …, non pas à sang tout de même ! ». Des millions de français ont découvert que tout autour d’eux les actions étaient calmes et le matraquage médiatique en devenait plus ridicule. Car il faut le noter : le mouvement n’a l’ampleur qui est la sienne que parce que l’action des adversaires divers a été totalement contre-productive ! J-P Damaggio