la brioche

Les gilets jaunes ont mis à l’ordre du jour des plateaux télé, «les fins de mois». Subitement des commentateurs se posent des questions impossibles hier comme la nationalisation des autoroutes.

Mais les gilets jaunes subissent des critiques de ceux qui pensent qu’il y a mieux à faire que de s’occuper des «fins de mois». Pourquoi ne pas s’être mobilisé avec les cheminots etc.

D’où ce constat que je me suis fait : mais pourquoi aucun mouvement social n’a arrêté en 2005 la privatisation des autoroutes ? Une privatisation évoquée dès le gouvernement Jospin et mis en œuvre par Villepin.

 Aujourd’hui, les commentateurs, d’un côté et de l’autre, reconnaissent que cette privatisation fut une mauvaise chose mais les mêmes que disaient-ils en 2005-2006 ? Ils parlaient comme le pouvoir et Villepin insiste encore ces deniers temps pour dire que ce fut une bonne chose : «Une estimation, qui était celle de tous les services de l'Etat et des parlementaires (...) estimait le montant à payer à un peu plus de 11 milliards d'euros (...) nous l'avons cédé à 14,8 milliards d'euros, c'était donc une bonne affaire pour l'Etat.»

Une bonne affaire pour faire quoi ? A l’époque la tarte à la crème avariée ne s’appelait pas «la transition écologique» mais «relancer la croissance». Le ministre des Finances de l’époque, Thierry
Breton, s’était montré rassurant : « Ne craignez rien (sic) car c’est l’État qui contrôlera et qui fixera les tarifs (des péages). »

Or l’Etat n’était pas en mesure de peser vu qu’il était complice d’une décision qui pour la vente d’ASF à Vinci a donné lieu au «scandale Vinci». Le PDG d’alors, Antoine Zacharias, a exigé et obtenu des millions d'euros de prime pour avoir « réussi » le rachat des Autoroutes du sud de la France. François Bayrou a été parmi les hommes politiques les plus en colère et a puisé dans cette affaire les raisons d’un combat acharné contre Sarkozy. «Que comptez-vous faire ? » lui demanda un journaliste.

« Si nous vivions dans un pays démocratique avec le respect des règles de droit, une loi de privatisation et un contrôle du Parlement, tout cela n'aurait pas pu se produire. J'ai donc déposé un recours devant le Conseil d'Etat qui sera jugé d'ici à quelques semaines. Tout le monde disait : «Mais vous savez bien que le Conseil d'Etat n'osera jamais contredire le gouvernement ! » Mais les pratiques que je mets en cause, de la part du gouvernement, comme des sociétés en question, elles sont maintenant sous les yeux de tous ! Elles ont été rendues publiques avant-hier par votre journal [Le Parisien]. En fait, vous mettez directement en cause le rôle du gouvernement dans cette affaire ! Une fois de plus, en France, le mélange des genres entre l'Etat, les politiques et les intérêts économiques, l'opacité des décisions prises, tout cela jette le trouble et fait naître des abus. »

 Bien sûr, le PS et le PCF ont condamné l'opération. Annick Lepetit, porte-parole du Parti socialiste, a accusé le gouvernement de "brader le patrimoine de l'Etat". "C'est une véritable fuite en avant", a estimé le Parti communiste français, selon qui "le gouvernement Villepin n'ose même plus présenter ses mesures à sa propre majorité"

 Le problème c’est que Bayrou soutient Macron, celui qui avec le PS Hollande a bradé le patrimoine de l’Etat en vendant l’aéroport de Toulouse et en poursuivant dans ce sens !

Dupont-Aignan avait été très virulent contre le gouvernement et l’est resté en faisant de la défense des automobilistes sont axe de bataille.

 Mais voilà il n’y a pas eu la moindre grève, la moindre action contre cette infamie aujourd’hui évidente, parce qu’il fallait encore beaucoup de gouttes pour faire déborder la vase du vase. Et à titre d’info je ne sais si un livre existe pour détailler l’affaire et montrer que rien n’a changé depuis. Toujours est-il, sur internet, il est difficile de chercher les infos sur le sujet à l’époque. J-P Damaggio