Dans la vague d’initiatives autour des gilets jaunes, quelques-uns ont décidé d’en faire un mouvement politique ! Puisque les politiques sont tous de nuls, alors, ont-ils pensé, créons un nouveau mouvement à partir des valeurs des gilets jaunes, valeurs dont on sait qu’elles sont aussi nombreuses que le nombre de porteurs du fameux gilet. Ils ont donc crée un site internet dans la foulée de deux ou trois passages sur les antennes télés. Mais, le projet pas plutôt lancé, semble en panne ! (rien depuis le 1er décembre)

A-t-il seulement tenu trois jours ? Les initiateurs se sont-ils divisés ? Le nombre de réactions a-t-il été trop faible ? Les actions concrètes du jour prennent-elles trop de place ? Existe-t-il trop de structurations concurrentes ? Les médias ont-ils décidés de les oublier ?

 Indépendamment de cette proposition, le fait qui me surprend est l’absence d’assemblées citoyennes proposées par les gilets jaunes. Avant le 17 novembre, il y a eu trois petites réunions en Tarn-et-Garonne mais rien d’annoncé publiquement. Avec celle du 4 décembre à Montauban, au sujet de la structuration, et qui a été une initiative individuelle, je considère qu’à ce jour, c’est la seule réunion adressée à tous les gilets jaunes. Je sais très bien qu’il existe au sein des ronds-points des discussions passionnantes et des groupes plus ou moins dirigeants mais n’est-ce pas le risque de répéter les défauts des politiques : le fonctionnement entre soi ?

Des départements ont une association loi 1901 avec assemblée générale quotidienne des gilets jaunes pour discuter du combat à mener. Toutes les structurations sont donc chaotiques pour trois raisons :

-         Un courant considère que toute organisation est un affaiblissement, ce qui n’est pas la même chose sur le court terme et le long terme.

-         Souvent l’organisation devient la mise en place d’un calife à la place d’un calife, or ce n’est pas à ça que se résume l’organisation.

-         Il existe des organisations souterraines avec des messageries cryptées

Bref, les gilets jaunes remettent en cause la démocratie, parfois sa nature, parfois son fonctionnement, parfois les deux, mais pour quelle démocratie quand les gilets jaunes ne seront plus dans la rue ?

Je viens de consacrer un livre sur mai et juin 68 en lien avec de telles questions : le mouvement social est éphémère et le mouvement politique durable (pas les partis mais le fait politique), comment articuler les deux ? est-ce possible ? Les gilets jaunes demandent la démission de Macron or s’il acceptait, ça serait l’enterrement de la lutte en question ! C’est ce que juin 1968 nous a appris ! Sur un coup de tête, de Gaulle a dissous, avec le résultat que nous savons, avec les suites que nous connaissons. Sur le fond ce qui a changé, c’est la mise en place d’une nouvelle classe politique qui n’a pas contribué à un plus de démocratie. J-P Damaggio