flora tristan

Gérard Noiriel né en 1950 a suivi un parcours que je connais bien. Passage par l’Ecole normal d’instituteur pendant cinq ans (en même temps que moi) où il est un des rares à ne pas obtenir son CAP (je l’ai eu de justesse) et donc devient… instituteur remplaçant. Il fait ensuite la coopération au Congo (moi aux USA). Il passe par le PCF jusqu’en 1980 (moi jusqu’en 1987) car à cette date, à Longwy, il soutient une radio de lutte, Lorraine Cœur d’Acier, publie un livre qui critique les structures du PCF et vu les réactions de ce parti, il s’en va. La fédération PCF de Meurthe et Moselle deviendra fortement contestataire.

Voici peu, sur Public Sénat, je le découvre, présentant son dernier livre qui vient de m’être offert pour mon anniversaire. « Une histoire populaire de la France, de la guerre de Cent Ans à nos jours.» Est-ce une commande des Editions Agone qui ont fait un tabac avec le même titre, mais au sujet de l’histoire des USA ?

Laissons ce point pour m’arrêter sur un élément de fin d’émission télé. L’animatrice toujours pleine d’intelligence demande aux invités de présenter trois livres qui leur tienne à cœur et surprise très agréable pour moi, Noiriel présente le Journal de Flora Tristan. Il indique qu’elle est un peu oubliée… sauf que dans son pavé de 800 pages, elle n’a pas trouvé place ! Présente-t-il ce livre pour s’en excuser ?

J’ai eu l’impression qu’il s’agissait de l’ancienne édition de chez Maspéro. C’est sûr ce n’est pas celle d’Indigo côté femmes.

Ma bibliothèque Flora Tristan est bien fournie et j’ai même écrit un livre à la gloire de cette femme, Flora Tristan derniers instantsEt je suis un peu triste que dans le livre de Gérard Noiriel elle n’ait pas trouvé place alors qu’elle a été sa vie durant au cœur du sujet, l’histoire populaire de la France. Quelques autres féministes y sont cependant.

Comme Hubertine Auclert : « En 1891 fut fondée la Fédération française des sociétés féministes, puis la section française du Conseil international des femmes. Leurs demandes concernant le droit de vote débouchèrent sur un premier projet de loi en 1901 (mais il fallut attendre 44 ans avant qu’il aboutisse !). Les plus extrémistes, comme Hubertine Auclert, revendiquèrent l’égalité dans beaucoup d’autres domaines, notamment sur le plan linguistique. « Quand on aura révisé le dictionnaire et féminisé la langue, chacun de ses mots sera, pour l’égoïsme mâle, un expressif rappel à l’ordre ». »

J’y découvre « Dorothée Chellier la première femme médecin qui exerça dans les Aurès et en Kabylie, fut un autre exemple de solidarité avec la population colonisée à la fin du XIXe siècle. » Mais pourquoi faut-il que Gérard Noiriel écrive juste avant, au sujet de l’Algérie : « C’était la plus ancienne colonie française » ? Il consacre pourtant plusieurs pages aux Antilles… A moins qu’on ne soit pas d’accord sur la date débutant la colonie française à Alger. J-P Damaggio