C’est un point qui peut faire consensus. L’action des gilets jaunes a remis le politique au centre du débat même quand c’est pour le dénaturer. Et, pour l’épuiser, voilà que le pouvoir veut le contrôler. Et pour le contrôler il fait appel à un organisme champion en la matière, la CNDP, la Commission nationale du débat public. En tant que défenseur d’une alternative à la LGV nous avons eu à faire à cette commission pour vérifier que sa fonction consistait leplus souvent à faire en sorte que le pouvoir puisse mieux tromper les citoyens.

Cet organisme paisible vient d’être placé sous les feux de l’actualité à travers sa présidente, Chantal Jouano. Parce que les gilets jaunes secouent le pays un journal La Lettre A, (il est bien de rendre à César ce qui appartient à César) a eu l’idée d’aller voir son salaire et là, surprise totale, il dépasse l’entendement !

En 2017 Chantal Jouano a abandonné la politique pour être depuis mars 2018 la présidente de la CNDP. Anciennement collaboratrice de Nicolas Sarkozy, de 2008 à 2009 elle préside l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie. Elle intègre le gouvernement Fillon III, successivement comme secrétaire d'État chargée de l'Écologie (2009-2010), puis comme ministre des Sports (2010-2011). Elle est ensuite élue sénatrice à Paris et vice-présidente du conseil régional d'Île-de-France.

Son salaire s’élève donc à 14 666 euros brut mensuels soit un revenu quasi équivalent à celui du président de la République ou du premier ministre, qui touchent chacun 15 140 euros brut par mois !

Le Monde reprendra l’info publiée par La Lettre A mais sans citer ce journal et sans dire que ce salaire mirobolant a augmenté de 13% depuis mars 2018 !

Un débat suscité par les gilets jaunes conduit par une personne au salaire indécent ! Car tout le monde ne l’a pas compris, ce salaire n’est pas pour la fonction d’animatrice du Grande débat, mais pour sa fonction de présidente de la CNDP. Il est prête à le voir baisser si le gouvernement le décide mais difficile car à ma connaissance on ne peut baisser un salaire de fonctionnaire que s’il y a faute professionnelle !

Etienne Girard qu’il m’est arrivé de critiquer, a produit sur Marianne un article complet dont voici la conclusion : « Les vice-présidents de la CNDP gagnent eux aussi bien leurs vies. Le même document budgétaire fait état d'une rémunération globale de 186.000 euros annuels pour les deux vice-présidents, soit une moyenne de 7.780 euros brut par mois chacun. Pourtant, cette commission n'a pas toujours fait l'unanimité. En octobre 2015, un rapport sénatorial rédigé par Jacques Mézard, ex-ministre... macroniste, préconisait de lui retirer le statut d'autorité administrative indépendante. Et si le grand débat était l'occasion d'en débattre ? »

Les vice-présidents sont Floran Augagneur, auteur avec Dominique Rousset de «Révolutions invisibles : 40 récits pour comprendre le monde qui vient» Les Liens qui Libèrent, 2015 (presque un révolutionnaire) et Ilaria Casillo (elle nous vient d’Italie).

 J’ai pris cet exemple parmi des centaines pour bien expliquer le regain d’intérêt pour la politique et je peux le vérifier sur les consultations de mon modeste blog où le nombre de visiteurs habituels change très peu mais où la consultation des occasionnels explose depuis novembre et décembre. Le tableau ci-dessous montre comment d'une consultation mensuelle de 6000 articles lus on passe en décembre à 14 000 (plus de 500 par jour en moyenne). Ce regain d'intérêt global est un acquis très important des gilets jaunes car plus rien ne reviendra comme avant même si la victoire n'est pas totale. J-P Damaggio

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