Radio Totem vient de m’interroger sur les raisons qui me poussent à écrire sur les gilets jaunes, sur l’évolution du mouvement et sur les raisons qui me font toujours gilet jaune.

Je ne suis pas le même gilet jaune qu’au départ mais je le suis toujours, vu qu’être gilet jaune s’appuie encore sur un élan venue de la base, et non sur le besoin de suivre un chef.

Brigitte Barèges a le droit de se dire gilet jaune et d’engager des personnes à la suivre sur sa définition du gilet. Elle introduit une confusion dramatique mais elle n’est pas la seule.

Dans ce mouvement nait de la base, je distingue le révolté lambda dont je peux ne pas partager la révolte tout en étant à ses côtés, du révolté soucieux de se servir du mouvement plus que de le servir.

Le Front national et Debout la France ont su depuis toujours défendre les automobilistes et en conséquence des révoltés sont venus de cette mouvance mais grâce au gilet jaune la révolte a pris le dessus sur le choix électoral. Comme je l’ai écrit, je suis gilet jaune car le rapport du politique et du social a été inversé. En France, généralement, le politique est le guide du social (d’où la multiplicité des syndicats en lien même indirect avec la multiplicité des partis politiques). Avec les gilets jaunes, le social reprend le dessus (un peu comme un retour à l’anarcho-syndicalisme). Subitement des soutiens du FN, de LR, de LFI et même de Macron peuvent se parler et découvrir qu’ils ont bien des points communs. Et c’est ce qui me plaît chez les gilets jaunes, non pour moi évidemment, mais pour la force que cela donne au mouvement. Il est évident que dans une manifestation de 2500 personnes à Montauban ce trait est plus évident que dans une manif de 250 ! Plus une manifestation se restreint et plus les professionnels de la politique y occupent une place importante !

Voilà pourquoi je souhaitais que dans son organisation, le mouvement s’affiche comme un contre-pouvoir, laissant à d’autres la course au pouvoir. Mais tous les pouvoirs réunis veillent au grain et leur action est plus déterminante que la répression policière qui est seulement défensive. Nous trouvons la preuve de ce que j’avance, dans cet écart : à Toulouse la manif de dimanche a été organisée par 200 personnes pour 20000[1] participants ensuite. L’AG est de peu de poids par rapport à la mobilisation citoyenne. Bel exemple où les citoyens sont plus forts que les organisateurs.

Les gilets jaunes ne le resteront et moi avec, que si la masse reste au rendez-vous comme à Tarbes, Foix et Toulouse, pour notre région. J-P Damaggio



[1] Dans les manifs ordinaires il y a le nombre donné par la police et celui donné par les organisateurs et chacun fait la moyenne. Parce que les gilets jaunes donnent peu le nombre de manifestants, le chiffre de la police est toujours donné comme la seule référence !