J’étais alors secrétaire de ma section du PCF, et fidèle soutien du camp des exploités contre les exploiteurs. Si je me souviens parfaitement de la contre-révolution iranienne c’est que pour la première fois je ne pouvais être d’aucun camp ! Ni bien sûr dans le camp du Shah mais pas davantage dans celui de l’islam politique. Mon quotidien L’Humanité était lui dans le camp de ce qu’il appelait la révolution. J’ai alors ouvert un cahier pour y coller les articles sur le sujet, pour mieux réfléchir au dossier. Je ne connaissais que peu de choses à ce pays sauf l’histoire du parti communiste qui décida de se mettre derrière les Ayatollahs et je connaissais peu de choses de l’islam politique. Peu après les Editions sociales on ouvert une nouvelle collection dont le premier livre traitait du sujet mais les communistes français était sans doute trop ignorant du sujet donc il a été fait appel à une Italienne.

Ce cahier des années après, j’ai eu le plaisir de l’offrir à Chahla Chafiq qui en combattante contre le Shah est devenue aussi une combattante contre le nouveau régime et a dû s’exiler en France.

Dans la foule de l’année 79 il y a eu l’intervention soviétique en Afghanistan et le bilan globalement positif. Le secrétaire fédéral du PCF de l’époque qui vient de ranger les archives de la Fédération pour les déposer aux Archives départementales [un beau geste] vient de m’indiquer que j’avais envoyé un courrier pour m’insurger contre cette formulation.

Celui qui se découvre, sur tel ou tel dossier, d’aucun camp, devient un solitaire et cette découverte qui a été la première pour moi, ne sera pas la dernière, non qu’on y prenne goût mais par l’effet du droit à penser par soi-même. Sur la route on trouve ainsi d'autres types d'amis commes Bernard Donnadieu que je cite vu le commentaire que je viens de recevoir à son sujet.

Ainsi aujourd’hui, alors que notre maison d’édition s’est affichée dès le départ du côté de Chavez en publiant la traduction d’un de ses discours historiques, je ne suis plus dans le camp de Maduro sans bien sûr rejoindre celui de ses adversaires. Parce que Maduro a un autre moyen de tenir que celui de tirer à balle réelles contre la foule ? Peut-être prendrais-je le temps d’écrire sur le sujet. J-P Damaggio