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Dans la foulée du gouvernement portugais, le PSOE espagnol tente de mettre en œuvre un budget social. Il y travaille depuis plusieurs mois mais va-t-il obtenir une majorité ? Pour ce faire il a besoin de l’appui des élus catalans qui en contrepartie en appellent à une justice clémente envers les prisonniers. Pour obtenir ce soutien Pablo Iglesias est allé jusqu’à rencontrer Oriol Junqueras en prison action au double effet vis à vis de Podemos et du reste de la classe politique. Si Podemos réussit à obtenir le vote de ce budget social auquel il a pris une part active, tout indique que le PSOE peut en tirer les bénéfices électoraux !

Et de l’autre côté de l’axe politique, il va être reproché à Podemos de pactiser avec des opposants à la Constitution. «Laisser les clés du budget à ceux qui ont fait preuve de déloyauté institutionnelle est une humiliation pour la démocratie», tranche le leader des centristes de Ciudadanos, Albert Rivera, en critiquant les dangereuses acrobaties parlementaires du gouvernement.

 D’autant que pour ajouter à de telles difficultés Podemos est traversé par une crise interne sans précédent qui fait suite cependant à une bataille récurrente entre la tendance majoritaire d’Iglesias et la tendance minoritaire de son ami d’hier Íñigo Errejón.

 Mais revenons à la question du budget.

La ministre du budget Nadia Calviño prévoit une réduction du déficit public qui passera de 2,7 % de PIB cette année à 1,8 % l'an prochain, mais la réduction de la dette publique n’est pas incompatible avec une hausse du salaire minimum de 22 %. La crise a laissé des travailleurs pauvres, des emplois précaires et des contrats volatils, ce qui est négatif du point de vue économique. Elle précise : «Nous calculons que cette hausse est cohérente dans un contexte de croissance et elle va dans le sens de notre volonté d'avancer vers une société plus juste et inclusive. Nous avons observé que les années précédentes, de fortes augmentations ont été accompagnées d'une forte croissance de l'emploi. »

Avec les questions de partout : et l’emploi ne va-t-il pas en pâtir ?  Les impôts vont baisser pour les 300000 PME les plus petites et augmenter pour les 2000 plus grandes entreprises.

Mais cette mesure sociale phare n’est pas la seule du budget. Il en existe pour les retaités et Maria Jésus Montero la ministre des finances insiste sur le côté féministe du budget : 10% de plus pour la lutte contre les violences faites aux femmes, baisse de la TVA sur les produits d’hygiène féminine, exemption fiscale quand les femmes sont intégrées dans des conseils d’administration des grandes entreprises, et objectif d’un congé maternité et paternité égaux !

 Dans ce contexte Podemos est divisé : soutenir plus fortement le PSOE ou pas ? L’échec en Andalousie n’a pu qu’accentuer les divisions : d’une part il y a eu union avec la gauche sans le PSOE (à contrecœur pour beaucoup) et pourtant l’extrême-droite s’installe. En revenir à la stratégie d’union de la gauche c’est aller contre la logique première de Podemos. Pour en savoir plus je conseille cet article en français :

https://lvsl.fr/podemos-devant-labime-de-la-defaite

JPD

J-P Damaggio