4 janvier, (je n'ai pas retrouvé sur ce blog ce texte rédigé le 4 janvier)

 Les Zindigné.e.s, la revue chère à Paul Ariès a mis en Une la photo d’un rond point où une banderole indique : Vive la révolution, et le titre : « Gilets jaunes : les raisons de la colère ». Un dénommé Olivier Vilain propose sur deux pages, un article avec le titre de Une, puis un article sur «Le gouvernement face aux gilets jaunes en trois pages. Paul Ariès va de manière détournée évoquer ensuite le conflit dans un article intitulé : «Défendons le droit à l’énergie élémentaire via sa gratuité ! »

 Olivier Vilain est un journaliste écolo qu’on peut lire occasionnellement sur Politis, auteur de deux livres, et qui a produit sur les gilets jaunes une présentation insignifiante. Première référence : «Les gilets jaunes «veulent la justice» déclare ainsi dimanche 2 décembre le sociologue Jean Viard sur le plateau de BFMTV.» En fait pour l’essentiel le premier article parle de… Macron !

Dans le second article on apprend qu’il y avait 250 000 personnes le 17 novembre, chiffre du gouvernement dont la fiabilité est plus que douteuse. Et à nouveau Macron, Darmanin sont largement cités, puis arrive l’article des quatre syndicalistes critiques du Monde : « Le caractère néopoujadiste et antifiscaliste qui semblait dominer, il y a quelques semaines, et les tentatives d’instrumentalisation de l’extrême-droite et de la droite  extrême ont été relativisés par la dynamique propre du mouvement, qui s’est considérablement élargi, et la conscience que les taxes sur l’essence étaient « la goutte d’eau qui a fait déborder le vase ».» Le texte était plus utile que cette citation inutile.

Une citation de Gérard Noiriel viendra apporter son analyse puis enfin le nom d’un gilet jaune : Benjamin Cauchy ! L’homme qui par excellence ne représente que lui-même et occasionnellement Debout la France !

Quant à LFI et PCF ils « tentent de dialoguer avec les gilets jaunes ». Cependant l’auteur de l’article préfère une fois de plus s’attarder sur les déclarations des soutiens du gouvernement comme Alain Duhamel !

Mais voyons l’éclairage de Paul Ariès :

« Je dis aux gauches et aux milieux de l’écologie, attention, le principal danger ce n’est pas de nous couper du peuple des automobilistes, mais de rouler pour l’extrême-droite, car l’anti-fiscalisme a toujours été son fonds de commerce. »

L’anti-fiscalisme est devenu depuis longtemps le fonds de commerce de tous les politiques, et d’abord par la confusion entre impôts directs et indirects.

L’anti-fiscalisme est le double de la chute de la dépense publique.

Sauf que tout le monde a bien compris qu’il y a dépense publique (destruction des services publics) et dépense publique (aide aux riches et aux puissants !).

Pour se distinguer de l’extrême-droite il suffit de demander le rétablissement de l’ISF qui n’était pourtant pas une mesure géniale !

«Faire de la politique du point de vue des gens ordinaires ce n’est pas courir après l’air du temps, surtout lorsque celui-ci devient de plus en plus brun et bleu marine, ce n’est même pas donner d’autres réponses aux questions imposées par la pensée dominante, c’est parvenir à changer de paradigme.»

Les révoltes populaires des gilets jaunes, c’est l’air du temps ? Je pensais que l’air du temps c’était plus l’esprit de soumission !

Un air qui devient de plus en plus brun ? Faut-il observer que les sondages pour les prochaines européennes donnent au FN moins qu’en 2009 ? Et un soutien au FN qui ne devait rien aux gilets jaunes en 2009 !

«Changer de paradigme» c’est imposer la gratuité pour les plus démunis ? Mais les «esprits simplistes» sur les ronds-points vont répondre aussitôt : la gratuité ça n’existe pas ! Donc on en revient à leurs revendications majeures : une autre politique fiscale !

Je partage depuis longtemps l’argumentation de Paul Ariès pour faire de la gratuité un instrument capable de modifier la pensée sociale mais la mise en avant du terme «gratuité» empêche sa compréhension ! Car instinctivement il renvoie à la question : qui paie ? Je sais la réponse est simple : les gros consommateurs. Par exemple, les gros consommateurs d’électricité vont au-delà d’un seuil, payer plus cher que les consommateurs de base. Voilà pourquoi si le projet s’appelait «Vers une civilisation de la justice» plutôt que «Cers une civilisation de la gratuité » il serait plus compréhensible aux gilets jaunes et inversement Paul Ariès pourrait mieux comprendre leurs revendications.

Sauf cette note : «Le coût croissant de l’énergie devrait se poursuivre en raison de sa raréfaction». Il y a là une fatalité qui subitement conteste tout l’échafaudage sur l’aspect marchand de l’énergie selon les règles capitalistes. Depuis cinquante ans j’entends la référence à la raréfaction du pétrole qui est toujours reportée à plus tard et de toute façon cette raréfaction n’est pas incompatible avec de nouvelles formes d’énergie. JP Damaggio