Voilà un article qui confirme qu’à l’île Maurice comme partout l’électeur est confronté aux mêmes problèmes : une alternance de la même politique ! Il s’agit ci-dessous d’un article de ce jour du journal de là-bas, L’Express.

Par Michaëlla Seblin

Et si on disait non au fatalisme ? Et si on refusait de se résigner ? Et si l’on décidait d’être wise before the event ? Car l’on voit bien ce qui se dessine, voire ce que les politiques tentent de nous vendre comme étant la meilleure offre pour diriger le pays : le choix entre deux candidats qui, valeur du jour, sont au centre d’affaires judiciaires.

À une année des législatives, à un moment où nous avons (encore) nos capacités de réflexion, de discernement et de jugement, posons-nous les bonnes questions : est-il vrai que nous sommes condamnés à choisir uniquement entre deux familles qui nous jouent un musical chair premier ministériel depuis l’Indépendance ? Est-il vrai que seuls Ramgoolam et Jugnauth fils sont habilités à occuper le poste de chef du gouvernement ? Et si tant est vrai que ces deux-là ont décidé de s’accrocher au pouvoir, voire d’y revenir, est-ce pour autant que nous devons dire oui à cette issue sans secours ? Qui a dit que le peuple doit obligatoirement faire le choix entre deux candidats qui, jusqu’à présent, ont fait la démonstration de leur médiocrité ?

Comprenons-nous ! C’est parce que les Mauriciens n’en pouvaient plus du régime Ramgoolam que celui-ci a été éjecté, non seulement du pouvoir mais également de son siège de député, pour être lourdement battu par des novices en politique. Et c’est en voulant se débarrasser des Travaillistes et de l’alliance rouge-mauve (que le tandem Ramgoolam-Bérenger croyait gagné d’avance), que celle de Lepep a été préférée pour diriger le pays.

Quatre ans plus tard, il y a comme un inversement de situation, tant cette équipe MSM-ML continue de décevoir en attendant le dernier coup de pioche pour creuser sa tombe. Et les mêmes comportements produisent le même effet sur les citoyens. Y a-t-il une différence entre le népotisme pratiqué hier et celui d’aujourd’hui, si ce n’est un changement de clan ou un retournement de veste de certains carapates opportunistes ? Quels sont les changements entre la politique des petits copains de Ramgoolam et celle des Jugnauth ? Quelle différence entre les abus du pouvoir rouge et ceux de ce présent gouvernement ? S’il est important de nous interroger, c’est qu’en n’y prenant pas garde, il y a le risque de se retrouver dans la même situation qu’en 2014.

Après les nombreux scandales, les déceptions, la gestion aux pratiques contestables d’un gouvernement qui n’a rien à envier au précédent, une colère légitime fait son chemin. Mais est-ce pour autant que le choix devrait se porter sur le PTr de Ramgoolam, devenu, semble-t-il par défaut, une alternative ? Soulignons l’évidence : ce n’est pas parce que Pravind Jugnauth est critiqué, avec raison pour de multiples maux, que Ramgoolam devient l’alternance crédible au pouvoir.

À moins d’être devenus complètement amnésiques, a-t-on oublié les années Ramgoolam, ses travers, ses abus et excès ? Est-ce qu’il suffit que le leader rouge, qui n’a d’obsession que le retour à la tête du pays, dise qu’il a changé et qu’il pratiquera une rupture pour qu’on lui fasse confiance ? Indignons-nous et refusons ce système qui nous fait croire qu’il n’y a que quatre partis traditionnels qui peuvent se partager les rangs de l’Assemblée nationale. Indignons-nous devant ces deux familles qui pensent que le poste de Premier ministre – qu’ils ne veulent partager avec aucun membre de leur parti après une pratique de dictatoriale à l’interne – est un acquis réservé. Résistons et réfléchissons, tant qu’il en est encore temps, pour dire non au fatalisme !

Et si le citoyen reprenait le pouvoir ! Son pouvoir !