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La revue Comoedia indique le 3 mars 1933 :

"Nous apprenons les fiançailles de Melle Lucienne-Haydeé petite-fille de M. Emile Level officier de la Légion d'honneur ancien maire du 18e, arrondissement, directeur de la Société générale des Chemins de fer et de Mme Veuve E Lovni, fille de M. Francis Level, officier de La légion d’honneur, administrateur, directeur de la Compagnie générale des Voies ferrées d’intérêt local, et de Mme H. Magnus, avec Hugues Panassié, ingénieur technique d’agriculture, fils de Louis Panassié, chevalier de la Légion d’honneur, ingénieur chef des mines, ancien maire de Livinhac, conseiller général de l’Aveyron, et de Mme veuve Panassié."

 

Hugues Panassié est déjà un grand critique de jazz mais sur l'annonce des fiançailles, ingénieur technique d’agriculture c’était plus ordinaire. On constate que son mariage se fait en belle compagnie. Son père est déjà mort et Hugues est à la tête d’une fortune colossale.

Hugues est le fils de « Louis Panassié (1860 – 1928) lui-même fils d’un notaire qui fut maire de Decazeville. Louis, ingénieur de l’école des mines de Paris, parti à la recherche de pétrole en Russie dans les années 1885, va découvrir par hasard (ses bottes maculées de boue jaune tandis qu’il chassait) le plus gros gisement mondial de manganèse, des mines dont il se rendra aussitôt propriétaire. Le manganèse est alors utilisé pour durcir les aciers, principalement en armement… Inutile de préciser la fortune qui deviendra la sienne, en cette fin du XIXe siècle, alors que la vieille Europe réarme de toutes parts pour préparer son « suicide – feu d’artifice » de 1914.

Louis, revenu en France, lors de la première révolution russe de 1905, élu maire de Livinhac-le-haut, s’installe au château de Gironde qu’il vient d’acheter à la dernière comtesse de la famille installée dans cette forteresse, à pic au-dessus du Lot, depuis le Moyen Âge. Veuf, sans enfant, d’une Géorgienne, il épouse la femme divorcée d’un industriel allemand, Jeanne Bruyère, elle-même petite-fille d’une présidente de la république d’Haïti et descendante de sir Alexander Mackenzie qui avait découvert au Canada le fleuve portant aujourd’hui son nom… Après la Russie et la Géorgie, c’était là, pour les Panassié, de premiers appels venus d’Amérique. Un fils unique naîtra de ce mariage : Hugues. »

Une histoire incroyable d’un Aveyronnais parmi tant d’autres qui vont chercher fortune à travers le monde. Le château de Gironde deviendra de 1934 à 1938 un haut lieu du jazz… et de l’Action française ! Robert Fabre qui deviendra une personnalité nationale en tant que signataire radical du Programme commun en 1972 est un ami d’enfance d’Hugues. Le château sera vendu en 1953 pour solder les dettes accumulées pour le bonheur du jazz d’où son installation définitive à Montauban. J-P Damaggio

P.S. La photo à l'expo actuelle de La Maison du crieur qu'il ne faut pas rater.