Le M5S veut montrer qu’il pratique toujours la démocratie directe c’est-à-dire la consultation de ses membres, par internet, avant un vote de ses élus.

Le résumé des faits - Entre le 20 et le 25 août derniers, alors que 137 migrants (en réalité 188) étaient à bord du Diciotti, le ministre des Affaires étrangères et le président du Conseil, Conte, ont écouté les dirigeants des autres pays européens afin que chacun reçoive sa part de migrants. Cet accord devait être conclu avant le débarquement car sinon, ils auraient dû rester tous en Italie. Et cela en raison du règlement de Dublin, qui exige que le premier pays du débarquement assume la responsabilité de tous les migrants arrivant en Europe. Le ministre de l'Intérieur, Salvini, en accord avec le ministre des Transports, Toninelli, vice-président du conseil de Maio et en accord avec le président Conte, a donc refusé le débarquement jusqu'à la conclusion de l'accord. Les migrants, en majorité des Erythréens, avaient été recueillis en Méditerranée par un navire garde-côte, le Diciotti, qui avait ensuite gagné le port de Catane. Les migrants n'avaient été autorisés à débarquer qu'au bout de dix jours.

 Pour cette histoire, la Cour des ministres de Catane a décidé d'enquêter sur le ministre de l'Intérieur, puis un tribunal de Palerme a recommandé que le vice-président du Conseil et ministre italien de l'Intérieur Matteo Salvini, chef de la Ligue, soit renvoyé devant la justice pour cette affaire. Le "tribunal des ministres" de la capitale sicilienne, chargé de mener les enquêtes concernant les membres du gouvernement, a pris ainsi le contre-pied du parquet de Catane qui avait demandé en novembre dernier le classement du dossier.

Le dernier mot pour renvoyer Matteo Salvini devant un tribunal revient au Sénat, qui devra voter à ce sujet lundi soir d’où le vote des membres du M5S juste avant pour savoir la position que doivent prendre les sénateurs de ce parti. Si le sénat vote oui, Salvini devra répondre de "séquestration de personnes, arrestations illégales et abus de pouvoir".

 "Je risque de passer entre trois et 15 ans en prison pour avoir bloqué l'entrée en Italie d'immigrants illégaux. J'en reste sans voix", a réagi Matteo Salvini.

 La discussion fait rage au sein du M5S et le vote va se faire sur une question piège dont Beppe Grillo dit que si on vote oui c’est le non qui l’emporte et si on vote non c’est le oui qui l’emporte.

 Beppe Grillo ✔@beppe_grillo

Se voti Si vuol dire No. Se voti No vuol dire Si.
Siamo tra il comma 22 e la sindrome di Procuste!

 La question porte sur le fait de savoir si Salvini a agi en faveur de l’intérêt public ou pas. Sauf qu’ainsi la justice est contournée et ça laisse entendre qu’un ministre bénéficie de l’immunité parlementaire ce qui n’est pas le cas pour le moment et les membres du M5S sont sensibles au sujet. La question aurait dû être plus simple : Salvini doit-il subir le procès ? » A suivre. JPD