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Cette visite strictement privée et limitée à quelques minutes, a été prévue sans drapeaux, ni écharpes, ni aucun signe distinctif républicain. Si la population n’a pas été invitée à participer sous aucune forme, il y avait du monde puisque les médias et autres services, avec le président, représentaient 90 personnes et les élus autorisés 100.

La tombe de Manuel Azaña à Montauban a vu passer Zapatero et donc aujourd’hui avec Pedro Sánchez, elle devient le lieu d’un hommage un peu trop restreint. L’homme est-il pris par une campagne électorale non prévue ? Il vient juste de présenter son Manuel de Résistance comme preuve de son engagement à gauche mais plusieurs signes indiquent qu’il pense suivre la voie de Mitterrand : après un accès au pouvoir en s’appuyant sur la gauche (Podemos), gérer demain avec la droite ! Et l’arrivée de Vox fait penser à la montée du FN en 1984.

 C’est un voyage rapide pour «rendre hommage à la mémoire démocratique de l’Espagne», explique-t-on à Madrid, un voyage d’un Pedro Sánchez premier dirigeant espagnol en exercice à se rendre sur les lieux, juste à temps pour pouvoir saluer les derniers témoins vivants de l’un des épisodes tragiques de l’histoire espagnole?

 Ce voyage a lieu au moment où le gouvernement est engagé dans un bras de fer avec la famille Franco pour essayer d’extraire le dictateur du mausolée où il est enterré avec tous les honneurs, veillé par un groupe de moines bénédictins priant pour lui chaque matin.

L’opération pourrait être simple, sans l’obstination de la famille Franco, qui depuis des mois a tout tenté pour faire capoter le projet, cherchant des complicités du côté de l’Église et exigeant un enterrement en grand dans la cathédrale de Madrid.

Après des mois de suspense, le Ministère de la justice vient de donner quinze jours à la famille pour décider d’une destination discrète pour la dépouille. Les héritiers n’ont pas réagi pour l’instant, mais il leur reste encore la possibilité d’un recours devant la Cour suprême. JP Damaggio