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Quelques mots sur la conférence que j'ai présenté à l'ASPC de Castelsarrasin.

Le 12 mai 1844 le nouveau maire de Castelsarrasin se lance dans un projet très ambitieux de rénovation de la ville. Monsieur Patron, nommé à ce poste par Louis-Philippe, veut une ville moderne et, du déplacement de l’abattoir à la réfection des rues, les plus grands travaux sont prévus et obligent d’après lui, à la démolition de deux tours dont la Tour Garonne ou Tour Saint Sauveur. Cette tour est un chef d’œuvre «de la plus belle époque de l’art dans le moyen-âge». Malgré ce jugement du sous-préfet historien, Chaudruc de Crazannes, il est d’accord pour la démolition. Mais une partie du Conseil municipal n’est pas d’accord. Les opposants vont alerter le ministre de l’intérieur qui en mars 1846 demande de suspendre les travaux de démolition. Pour le maire, c’est trop tard, la démolition est déjà en cours. Pourquoi avoir tant insisté sur cette destruction, alors que l’abattoir, dont le déplacement était important pour l’hygiène de la ville, sera déplacé seulement 30 ans après, par manque de finances ! Avec l’aide du texte de Chaudruc de Crazannes, j'ai fait revivre les péripéties d’un projet dont, par la suite, beaucoup de personnes regretteront la réalisation, que rien ne justifiait, ni la fragilité ni la gêne causée à la circulation (on pouvait la contourner). Il a terminé par le dessin d’Ursule Devals qui en 1842, juste avant la fin de la Tour Garonne, en a réalisé un portrait pour l’éternité, en rappelant que ce monument militaire ressemblait à un monument sarrazin. J-P Damaggio