Quand le candidat Macron publie un livre intitulé : Révolution, nous vérifions encore que la bataille des mots est cruciale. Je ne sais si à d’autres moments de l’histoire il en a été ainsi. Sans doute à chaque moment révolutionnaire. J’ai un livre d'Henriette Walter sur les mots sans-culottes.

Aujourd’hui je m’arrête sur le mot élite dans le contexte de la lutte devenue "classique" entre le peuple et les élites. La question a eue un aspect culture avec Jean Vilar et Antoine Vitez, pour qui, au théâtre, il fallait que les textes classiques puissent rencontrer le peuple d’où «l’élitisme pour tous» où plus exactement «un théâtre élitaire pour tous».

A l’heure du marché-roi, des médias tout-puissants et de la dite fracture sociale, comment poursuivre la recherche d’un théâtre citoyen, quand le peuple est désormais introuvable au théâtre ?

Ce détour culturel me permet de dire que la récupération du mot élite par le peuple est un enjeu politique important. Il est lié à l’ambition qui elle aussi est souvent entre les mains des opportunistes quand elle doit faire battre le cœur du peuple. Le combat pour l’égalité est une ambition qui doit s’affirmer comme telle.

On sait très bien comment dans des classes de collège ou de lycée le bon élève est souvent raillé voire martyrisé par le clan des mauvais élèves. Alors qu’au sein des bons comme des mauvais la lutte des classes opère sans arrêt. Parmi les bons il y a aussi ceux qui veulent sortir de leur classe pour révolutionner le monde, tout comme parmi les mauvais il y a les truands qui veulent casser le monde pour le bien de leurs intérêts. Il faut tout autant afficher la dignité de celui qui a l'ambition de s'en sortir pour tous, ou de celui qui échoue malgré tout.

J’en conviens, dire l’élite du pays c’est le peuple ne peut pas suffire car le peuple est traversé par ses contradictions entre ceux qui acceptent la soumission et ceux qui la refusent. J-P Damaggio