EN Montauban

En mars 1973 les jeunes découvrent qu’une loi les oblige à faire le service militaire à 18 ans, loi qui avait été votée plusieurs mois auparavant sans opposition car il y avait d’autres articles jugés positifs par la gauche.

La grève a débuté au Lycée de La Fobio puis s’est généralisée à Montauban.

A ce moment là j’étais en classe de deuxième année à l’Ecole normale.

Nous avons organisé une semaine de grève, le gouvernement ayant décidé de donner satisfaction aux lycéens à ce moment là. Nous avons rencontré le directeur pour lui annoncer la grève. Il voulait une délégation mais nous voulions être tous présents, et il a accepté. Il a reconnu le bien fondé de la revendication même si le mode d’action n’était pas à son goût. A cette époque là les luttes sociales étaient souvent victorieuses.

Le document ci-dessous, que je viens de retrouver, est une lettre qui s’adresse aux dirigeants de notre syndicat, le SNI, pour, à la fois, lui demander sa position et lui donner celle des normaliens (I.R signifie Instituteur remplaçant). Le syndicat ne s’est nullement soucié de cette question.

Il manque des signatures car il y avait une deuxième feuille (celle-ci est la photocopie de la première page pour garder tracer de cette action).

La pétition est tapée à la machine à écrire manuelle et toute neuve dont on venait de me faire cadeau à Noël. J-P Damaggio

  

Monsieur le Secrétaire Départemental de la section S.N.I. du tarn et Garonne

Les normaliens, normaliennes, I.R de l'École Normale de Montauban se sont tous mis en grève le jeudi 22 mars et ont participé en grand nombre    à la manifestation qui eut lieu ce même jour.

Afin de protester contre les articles de la loi Debré concernant les sursis militaires. Cette loi oblige la majorité des jeunes à accomplir leur service militaire entre 18 et 21 ans.

En ce oui concerne les normaliens, le dernier décret valide cette loi pour ceux qui sont rentrés à l'EN à partir du 1er septembre 72

Nous demandons à connaître la position du SNI sur ce problème particulier. Comment le SNI pense-t-il mettre un  terme à cet état de fait-que nous jugeons inacceptable?

Nous pensons:

-Que cette loi limite l'accès à l'université de nombreux jeunes des classes défavorisées, et qu'elle accentue la dévalorisation de l'enseignement du 1er  cycle universitaire.

-Que toute interruption des études ne peut être que négative.

-Que pour les normaliens, elle supprime toute possibilité de faire le service en coopération. (Il faut avoir le C.A.P.)

- Que l'ancien régime de sursis n'étant pas satisfaisant, il devra être mis en place un nouveau régime de sursis.

Que dans les conditions actuelles de l'accomplissement du service national, elle accentue la possibilité d'embrigadement de la jeunesse dès 18 ans.

Lu et approuvé par les normaliens et IR le 26 mars 1973.