mary-lafon

J’ai remarqué depuis longtemps, surtout dans le monde de l’histoire locale, que les historiens ne sont pas tendres avec leurs prédécesseurs qui se sont trompés tant et plus. Ils ne lisent d’ailleurs que leurs erreurs… Je ne parle bien sûr que des historiens qui ont travaillé souvent très dur pour faire avancer quelques connaissances. Le hasard a voulu que je commence par me passionner pour l’un d’eux, historien du 19 ème siècle, Mary-Lafon plus souvent dénoncé que lu, et jamais lu pour ce qu’il était. Je découvre avec Gallica une source que je ne connaissais pas, Le Journal des débats où de 1838 à 1842 il est présenté par les notes ci-dessous. Puis il disparaître de ce journal pour reparaître sous le Second empire. Je ne vois bien sûr aucun lien entre cette disparition et son engagement en 1842 pour le suffrage universel en étant même candidat aux législatives de 1842 à Montauban. J-P Damaggio

 Journal des Débats, 6 octobre 1838

-Le roman que publie le libraire Ambroise Dupont, sous le titre de Bertrand de Born, est le récit complet de l'existence et de la vie aventureuse de ce baron du Périgord qui fut tour à tour poète et soldat. M. Mary Lafon a peint avec intérêt ses amours avec la vicomtesse de Talleyrand; la variété des recherches, des incidents et des caractères, la rapidité de l'action rendent la lecture de ce livre attachante.

 Journal des débats 3-12-1841

M. Mary Lafon vient de faire paraître le premier volume de son Histoire politique religieuse et littéraire du Midi de la France. Sans entrer aujourd'hui dans l’examen critique de ce livre nous croyons pouvoir dès à présent le recommander à toutes les personnes qui s'occupent sérieusement de l’histoire nationale. Nous n'avons pas encore d'histoire de France malgré la fantasmagorie libérale dont certaine fraction du parti légitimiste cherche aujourd'hui à entourer les traditions de la monarchie absolue, il est parfaitement vrai que toute l'histoire du pouvoir royal en Franco est l'histoire de la lutte de la Couronne contre les libertés locales dont on veut prétendre maintenant que nos rois ont été les plus fervents défenseurs. Nous n'avons certainement pas à nous plaindre du résultat de cette lutte où le pouvoir royal triompha et donna à la France, pour prix de sa victoire, cette indissoluble unité qui fait aujourd'hui notre force et notre grandeur. L'esprit public seconda puissamment les rois dans ce mouvement. Mais il faut reconnaître aussi qu'en faisant de la royauté le centre de tout, en absorbant autour d'elle tout le mouvement intellectuel du pays, on en était arrivé historiquement à considérer le pavois de Clovis ou même celui du fabuleux Pharamond comme le point de départ de tout, comme le pivot immuable autour duquel gravitaient tous les événements de l'histoire nationale, et de ce point de vue tout ce qui a précédé les Francs, tout ce qui a été fait sans eux était presque regardé comme nul et non avenu, même par les écrivains du dernier siècle. Aujourd'hui le temps de l'impartialité est venu ; la révolution a lié d'une façon désormais indissoluble le faisceau de l'unité nationale, et nous pouvons sans crainte remonter à toutes les sources qui ont concouru à former la grande individualité française. Ce besoin et cette liberté des esprits a déjà produit, depuis le commencement du siècle, des œuvres remarquables; c'est lui qui nous a valu les travaux de MM. Guizot, de Barante, Aug. Thierry, etc., entre lesquels le nouvel ouvrage de M. Mary Lafon est destiné à prendre une place honorable, si, pour la science, le mérite et le talent, les trois volumes qu'il nous promet encore sont, comme nous devons l'espérer, dignes de celui qui vient d'être publié.

 Journal des Débats 15 octobre 1841

–On vient de mettre en vente le premier volume de L’Histoire du Midi de la France  par M. Mary-Lafon. C'est un tableau animé et plein d'intérêt des premiers temps de cette partie si importante de notre pays. L'époque celtique dans sa simplicité naïve, la colonisation grecque, source primitive de notre civilisation, la conquête romaine, dont nous admirons encore de toutes parts les monuments éternels, l'invasion barbare avec sa sauvage énergie, les règnes des deux races des rois Francs ; telles sont les diverses périodes que l'auteur a embrassées. A côté de l'histoire politique, il a placé celle des arts, des sciences, de la religion et de la littérature.

 Journal des Débats 14 février 1842 compte-rendu de la pièce de théâtre jouée à l’Odéon et écrit par Mary-Lafon Maréchal de Montluc