Des groupes ont proposé que les manifs à Montauban se fassent le dimanche. La préfecture a considéré que la décision méritait des mesures extraordinaires avec blocage du centre ville alors qu'à Montauban il n'y a jamais eu le moindre accrochage en centre ville ! Le 7 avril il y avait eu 300 personnes sur un parcours excluant le centre-ville et pas le moindre incident. Face à cette situation pour le 14 avril la préfecture a décidé de mobiliser encore plus ses forces, de resteindre encore plus les zones libres et résultat, les forces de police étaient cinq fois plus nombreuses que les manifestants ! Du délire ! Un exemple concret qui montre que pour le pouvoir l'essentiel c'est la provocation. J-P Damaggio

La Dépêche Gilets jaunes, Montauban, Tarn-et-Garonne

Les manifestants tarn-et-garonnais n'étaient pas nombreux, ce dimanche, à répondre à l'appel. Un des leurs a été hospitalisé après la violente mobilisation toulousaine de samedi.

Les souvenirs de la manifestation toulousaine de la veille planaient sur le rond-point d’Aussone ce dimanche à Montauban. Les Gilets jaunes tarn-et-garonnais étaient entre 50 et 80 à s’y retrouver.

 « La semaine dernière on était trois fois plus » constate une manifestante en arrivant au rond-point, après être passée par le lieu de rassemblement initial : le parking d’Eurythmie. Ce lieu était cependant au cœur du périmètre sous le coup d’un arrêté d’interdiction de manifestation pris par la préfecture du département. Seule une petite quinzaine de manifestants s’est retrouvée sur «le lieu interdit» avant d’être rappelé à l’ordre par les policiers, venus en nombre (au moins 12 fourgons de CRS étaient stationnés sur le parking).

"c'est la peur qui a fait son effet"

C’est donc une nouvelle après-midi au rond-point d’Aussone que les manifestants ont vécu hier, et la manifestation toulousaine était au cœur de nombreuses conversations.

C’est d’ailleurs cet acte XXII toulousain qui peut expliquer la faible mobilisation: la violence de la manifestation où de nombreux Montalbanais se sont rendus était encore dans toutes les têtes et beaucoup d’entre eux ont préféré rester chez eux.

Pour Thérèse, «c’est la peur qui a fait son effet». Cette manifestante de la première heure a de son côté tenu à être présente à Montauban après avoir participé à l’acte XXII toulousain. «Ce qu’il s’est passé a choqué tout le monde, explique-t-elle. C’était extrêmement violent, j’ai vu des choses hallucinantes».

Un Gilet jaune a passé la nuit à Purpan

Natanaelle confie de son côté avoir hésité à venir et comprend parfaitement que des manifestants «en état de choc» aient préféré rester chez eux.

Un des Gilets jaunes montalbanais a d’ailleurs passé la nuit à l’hôpital Purpan, à Toulouse souffrant d’un traumatisme crânien sans perte de connaissance. S’il est sorti de l’hôpital hier matin, le quadragénaire déplore cependant une perte de la mémoire et souffrait encore de maux de tête à sa sortie du CHU.

Les manifestants montalbanais ont évacué le rond-point à 16 heures. Quatre d'entre eux qui tentaient de rejoindre le centre-ville malgré l'interdiction de manifester dans ce périmètre ont été interpellés par les forces de l'ordre. Si la journée a été globalement calme à Montauban, cet acte XXII risque néanmoins de laisser des traces.