ariès

Un ami me communique le lien avec une émission de France culture où Paul Ariès rappelle son combat ancien pour la gratuité moyen de lutte contre le capitalisme.

J’ai eu plaisir à réentendre la voix si particulière de ce militant, une voix enthousiaste et pédagogique.

Depuis longtemps, je partage globalement sa démarche mais comme je l’ai écrit dans le sillage des gilets jaunes, je doute de la méthode. D’ailleurs dans l’entretien il indique qu’on peut trouver un autre mot que gratuité mais ce mot lui est tombé dessus et il reprend l’exemple classique : l’école gratuite.

J’en conviens c’est un bon exemple d’autant que l’école payante n’est pas seulement un problème d’injustice sociale mais d’inefficacité pédagogique. Je l’ai vu ailleurs mais en France aussi, si des parents versent une grosse somme alors l’enfant sait qu’il aura de bonnes notes !

Sauf que la gratuité n’a pas été le seul pilier de l’édifice. Il a fallu ajouter, laïque et obligatoire. Et aussi d’autres piliers comme celui de la formation. L’école était alors un tout qu’elle n’est plus ! Une institution respectée.

Bien que gratuite elle est devenue une marchandise dans le contexte d’un Etat géré sur des bases économiques. Tout comme à La Poste où des employés sont encore des fonctionnaires sur le papier, mais pas dans le fonctionnement de l’entreprise.

On parlait autrefois de l’Etat-patron ce qui concernait les rapports entre l’Etat et ses employés mais aujourd’hui la question est bien plus large. Si large que pour moi il ne peut plus y avoir de services publics.

A Beaumont de Lomagne il existe une clinique privée de rééducation suite à des opérations cardiaques, qui fonctionne à mes yeux comme un service public car les médecins qui en sont propriétaires l’ont conçue par rapport à un besoin non couvert par le secteur hospitalier.

A un moment le discours a voulu que l’enfant soit mis au cœur du système éducatif alors qu’il n’en est pas le souci sinon les efforts de formation des enseignants ne serait pas ridiculisé (formation initiale et continue). Le seul souci des autorités est la gestion comptable ! Et le manque de confiance envers les enseignants

Bref, la gratuité comprise dans un plan de mesures et c’est le point de vue de Paul Ariès mais dans notre monde, le citoyen de base entend juste la gratuité et point à la ligne.

 Paul Ariès insiste aussi sur le 1% qui bénéficie du système contre le 99% qui en est victime.  Sur ce point qui est souvent repris ici ou là,  je ne suis pas d’accord. Je pense qu’ils sont environ 20% à bénéficier du système ! L’autre jour, devant chez moi je discutais avec un voisin et au passage d’une voiture il me demande : tu sais combien elle vaut ? Et la réponse m’a sidéré : 120 000 euros. Quel est le métier du conducteur ? Agriculteur. Même si j’avais une telle somme je n’achèterais pas cette voiture car je ne suis pas dans le système.

La nouveauté avec Macron tient à sa capacité à rassembler cet électorat conscient de ses intérêts alors qu’à droite ou à gauche d’autres facteurs intervenaient dans le choix du vote. Macron restera à 20% et il peut gouverner avec vu qu’en face l’opposition sera toujours très divisée. J-P Damaggio