Moment historique ce 10 septembre 2006 ! Fréquentant le moins possible les réunions parisiennes, je n’y étais pas, mais un ami m’en rapporta l’ambiance. Après la victoire au référendum de 2005 des collectifs unitaires se sont mis en place mais au départ, au nom de l’unité, il ne fallait pas parler des présidentielles de 2007. Puis au cours de l’année 2006 ce débat s’est imposé surtout avec l’annonce de la candidature d’Olivier Besancenot. Le 10 septembre 2002 c’était la réunion du Collectif national d'initiative pour un rassemblement antilibéral de gauche et des candidatures communes. Clémentine Autain qui avait un pied du côté du PCF et l’oreille de la LCR a considéré qu’elle pouvait être la candidate commune. Devant 600 délégués elle s’empara fermement du micro (vu l’ambiance ce n’était pas facile) et dit : «Je mesure mes handicaps : je suis jeune, je suis femme, et en plus je suis blonde. Mais un profil comme le mien peut nous sortir de l'impasse.» Au même moment, dans le cadre d’un plan média dont elle a le secret, son premier livre sort où elle raconte «un court bout de vie».

Tout le monde sait la suite : il n’y eu pas de candidature commune mais une dispersion sans fin avec le face à face Besancenot, Buffet et à la fin la victoire de Sarkozy.

Besancenot ayant fait beaucoup mieux que le PCF se lança dans la création d’un nouveau parti. Clémentine Autain déjà adepte des appels de lendemain d’élection en lance un dans Le Monde, le 29 mai 2008, co-signé avec notamment Michel Onfray, Arnaud Viviant et Luc Boltanski où ils saluent positivement la proposition de création du NPA. Les co-signataires déclarent en introduction de leur tribune : « Forts de la popularité d'Olivier Besancenot, vous proposez de lancer une nouvelle organisation politique, surnommée le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA). Consternés par l'état de la gauche, nous sommes ravis que vous fassiez une proposition », et l'intitulé de la tribune est : « Le Nouveau parti anticapitaliste est-il vraiment décidé à s’ouvrir à tous les courants de l’autre gauche ? » »

 Déjà l’état de la gauche était consternant et déjà Clémentine était là pour tout sauver. Elle n’adhérera pas au NPA préférant graviter dans l’univers des communistes contestataires tendance Roger Martelli puis s’alliant avec la majorité des Alternatifs et des dissidents du NPA pour créer Ensemble !.. Pourquoi dès le départ ai-je refusé les remèdes qu’elle proposait pour sortir de l’impasse ? Car dès le départ elle m’est apparue comme une opportuniste plus soucieuse de son avenir personnel que de ses idées. D’autres l’ont dit : elle brille mais ça sonne un peu creux. Pour devenir adjointe du maire de Paris elle s’est mise dans la roue du PCF. Puis elle quittera Paris pour la Seine St-Denis cherchant à devenir députée en se mettant dans la rue du PCF tendance Assensi (elle est suppléante). Puis elle sera élue conseillère régionale. Et son coup d’audace a été de devenir député France insoumise. Je dis un coup d’audace car elle n’a jamais rien eue de commun avec France insoumise qui a refusé le clivage droite/gauche alors qu’elle a toujours plaidé par l’union de la gauche. Et c’est là que le numéro d’équilibriste devient génial : alors que pour les dernières européennes c’est SA ligne stratégique qui a été appliquée, vu les évolutions de J-L Mélenchon (avec le succès que l’on sait), elle s’érige en critique majeure de LFI !

Une critique qui, faut-il le préciser, a été préparée indépendamment des résultats en débutant par une pétition lancée le 26 septembre 2018, par les rédactions de Regards, Politis et Mediapart qui se sont associées autour du Manifeste « Pour l’accueil des migrants » signé par 150 intellectuels, artistes, militants associatifs, syndicalistes et personnalités de la société civile. C’était en fait une machine de guerre contre LFI. Car quant aux résultats pratiques du Manifeste je n’en ai pas vu beaucoup ! De tels appels servent à fabriquer de la bonne conscience.

Aujourd’hui c’est le big bang, avec site internet à l’appui. Comme il y a le mot gratuité dans le texte Paul Ariès est de la partie. Sophia Chirikou a réagi au big bang proposé :.sophia

Son humour me semble piètre et pas plus qu'à Clémentine Autain je n'accorde la moindre confiance à ses talents en vue d'une émancipation du monde. Elle a dirigé la campagne de Mélenchon en 2017 et ce fut la victoire. En 2019 elle a dirigé la campagne des européennes et c’est l’échec. Peut-elle nous donner son explication ?

Pour Clémentine Autain, j'ai posé la question en titre mais je réponds en conclusion : elle sera candidate en 2022 comme Bernard Cazeneuve pour le PS. Encore une fois il y aura du monde sur les rails. A suivre. J-P Damaggio

P.S. Depuis les résultats, le plan média de Clémentine Autain est parfait !