charlotte girard

A la naissance de LFI Charlotte Girard a joué un rôle très important en particulier dans la rédaction du programme l’Avenir en commun.

Compagne de François Delapierre, considéré à la naissance du Parti de Gauche comme le «dauphin» de J-L Mélenchon, elle a d’abord été au cœur du nouveau parti. Puis au cœur de France Insoumise.

Elle a donc été une candidate aux législatives de 2017 et se présente ainsi :

« Qui es-tu ?

Je suis Charlotte Girard. J’ai 44 ans. J’enseigne le droit public à l’université de Paris Nanterre. Cette activité coïncide avec une certaine vocation pour le service public, les questions constitutionnelles, et tout ce qui a à voir avec l’État, les institutions et le pouvoir politique en général. 

Comment a commencé ton engagement ?

Avoir une activité politique en plus d’un métier est la manière dont j’ai toujours conçu l’engagement politique. D’ailleurs, mon engagement politique est bien antérieur à mon installation professionnelle. Mon engagement commence en dehors des clous de la conquête du pouvoir puisqu’il est d’abord humanitaire. Mais la bifurcation vers l’engagement partisan s’explique justement par une prise de conscience : transformer la société passe par la conquête du pouvoir. Encartée au PS dans la foulée du 21 avril 2002, ce premier pas dans un appareil politique me conduit à une deuxième prise de conscience : la conquête du pouvoir dans une perspective révolutionnaire passe par la création d’outils militants adaptés, pas par la colonisation d’un appareil mal conditionné. Voilà pourquoi les promesses portées par la France insoumise et son programme l’Avenir en commun m’ont conduite à m’investir dans les campagnes de 2017 en tant que coresponsable du programme et coanimatrice du livret sur la constituante, puis candidate aux législatives en Essonne, circonscription de banlieue francilienne, là où j’habite.

Quel est le combat que tu portes ou que tu souhaites mener ? 

Mon combat politique, comme tout un chacun, est le fruit de ce que je suis et de ce que je fais. Il consiste à créer les conditions de possibilité d’une révolution citoyenne aux ambitions écologiques. Il passe donc par l’implication du grand nombre et  par un travail d’éducation populaire de grande envergure attaché à donner les clés de la reconquête par le peuple de son pouvoir souverain. S’attaquer aux institutions de l’Union européenne comme à celles de la Ve République présente l’avantage de révéler au peuple les ficelles de la manipulation confiscatoire du pouvoir démocratique, ici comme là-bas. Là est mon combat. »

 Résultats : dans l’Essonne, le fief de Mélenchon, trois candidates sont qualifiées pour le second tour : Farida Amrani contre Manuel Valls, Virginie Araujo et Charlotte Girard. Voici pour cette dernière les résultats du 1er tour :

M. RAPHAN Pierre-Alain (REM) 26,68 %, Mme GIRARD Charlotte (FI) 15,55 %, Mme DURANTON Marianne (UDI) 14,13 %, M. BOUTIH Malek (SOC) 12,39 %, Mme DEDI Lucie (FN) 10,72 %, M. RIO Philippe (COM) 10,72 %, Mme CATRAIN Isabelle (ECO) 4,92 %, Mme FLEURY Valérie (DLF) 3,02 %, Mme HARDY Marianne (DIV) 0,98 %, Mme DUBOULAY Chantal (EXG) 0,90 %.

 Au second tour le macroniste Pierre Alain Raphan obtient 53,42%, le même pourcentage que dans le fief communiste de Grigny. Charlotte Girard est battu par un mauvais report des voix : peut-être que les électeurs de Malek Boutik, député sortant, n’ont pas digéré cette élimination dès le premier tour. Si elle avait été élue la face de l’histoire en aurait été changée.

A partir de juillet 2018, d’un côté on parle d’elle comme tête de liste aux européennes (c’était même une évidence pour beaucoup de militants), de l’autre elle prend ses distances avec LFI. Le fait est confirmé le 15 novembre 2018. Elle refuse la tête de liste avec ce prétexte bien connu : «Il m’est apparu que les conditions d’organisation dans lesquelles nous évoluons rendent incompatibles une campagne tout comme un mandat de député européen – au niveau où je voudrais les mener – avec mes contraintes personnelles, familiales et professionnelles.» 

J’écris prétexte au vu de la suite de l’histoire. Mais voilà , «Elle est talentueuse, elle aurait fait une très bonne tête de liste», regrette Clémentine Autain qui n'oublie jamais de vendre sa pommade.

 Elle a dû suivre à la loupe la campagne des partielles de l’Essonne où après le départ de Valls pour l’Espagne, la candidate Farida Amrani représente à nouveau LFI avec un espoir de victoire vu le très faible écart en 2017. Or , le 25 novembre 2018 Le maire d’Evry Francis Chouat, 70 ans, soutenu par La République en marche (LREM), a été élu avec 59,1% des voix contre 40,9% à Farida Amrani. Le scrutin a été marqué par une très forte abstention (82,4%). 

 Cet échec cuisant de LFI a parfois été imputé à la campagne de Farida Amrani qui fut très union de la gauche ( encore une fois elle a raté de peu, la marche pour être députée européenne). 

 De son côté Charlotte Girard a continué, malgré ses "contraintes personnelles", de se mobiliser, a continué d’agir, dans le domaine qui lui convient le mieux : le débat d’idées. Une action qui révèle le fossé qui s’est creusé entre la nouvelle stratégie de LFI et ce qu’elle pense vraiment.

 Pour preuve sa signature au bas d’une tribune publié le 8 mai dans Libération aux côtés du critique de LFI, François Coq. Une position très en faveur des gilets jaunes.

TRIBUNE_Libération_avec_Chalotte_Girard

Elle continue de signer des éditos dans l’ère du peuple. Miraculé provisoire

 29 avril 2019 (par exemple).

Elle participe à la création du laboratoire d’idées : intérêt général.

Va-t-elle se faire entendre dans le débat qui est lancé ? Je l'espère. J-P Damaggio