Autrefois la culpabilisation citoyenne était simple : « vous êtes pauvres, c’est votre faute ». Avec les temps modernes la culpabilisation a fait des progrès. «Vous jetez des papiers et vous êtes un pollueur». Il est possible que des pauvres d’hier aient eu envie de rester pauvres, et que des inconséquents d’aujourd’hui jettent des papiers, mais entre les responsabilités citoyennes et les responsabilités du système il n’y a pas photo. Pire, faire porter le chapeau aux citoyens c’est pour masquer les responsabilités du système. C’est vrai, de temps en temps le système est mis en cause mais comme il est présenté comme inévitable, le seul remède au réchauffement climatique, c’est la bonne conduite citoyenne.

Donc la nouvelle opération de culpabilisation, beaucoup plus sophistiquée que les précédentes, remet en cause l’utilisation de l’avion des passagers. Donc les classes aisées. François Ruffin y est même allé d’une proposition de loi interdisant les vols intérieurs. Sauf que d’aller de Paris à Perpignan ou d’Amiens à Paris ce n’est pas pareil ! Mais laissons cela quand le transport le plus considérable est celui de marchandises (y compris en avion). Interdisons les cerises chiliennes à Noël à Paris ? Et la liberté du commerce ?

Bien sûr que je suis d’accord pour taxer le kérosène mais ne laissons pas entendre par cette proposition que le transport aérien ne paie pas de taxes ! Comment vivent les aéroports ? Les privatiser c’est pour que les dites taxes aillent dans la poche des actionnaires, une fois déduits les frais ordinaires.

Le sentiment de culpabilité est une vieille histoire dont les religions font leurs choux gras. Il est le contraire du sentiment révolutionnaire. J-P Damaggio