La Gauche unitaire européenne (GUE/NGL) au Parlement européen a subi globalement un net recul (23% d’élus en moins), avec une petite quarantaine de membres (contre 52 lors de la dernière mandature). Le groupe le plus petit.

Les communistes italiens en disparaissent faute d’avoir, selon Rifondazione comunista, constitué un « front large avec les formations à la gauche du Parti démocrate et avec les mouvements sociaux ». Rie de nouveau sous le soleil italien, ce problème étant récurent. 

Les autres grands partis sont affaiblis : les Allemands de Die Linke perdent 2 sièges et ne conservent que 6 eurodéputés ; les Espagnols rassemblés dans Unidad Podemos divisent par deux leur nombre d’élus – ils ne seront plus que 5. En République tchèque, le seul parti communiste important à l'Est, le KSCM passe de 11 % à 7 %, et perd deux de ses trois sièges. Avec 6 eurodéputés, Syriza ne s’en sort pas trop mal, paradoxalement : entre 2014 et 2019, le parti d’Alexis Tsipras avait perdu la moitié de ses élus à travers les scissions internes. Ils pourraient être rejoints par le seul élu – en Grèce – du Printemps européen de Yanis Varoufakis. Seule véritable bonne nouvelle pour la GUE/NGL : l’arrivée en son sein du premier député européen de la « gauche qui pique » en Belgique, le PTB, qui, à contre-courant du reste du continent, a réalisé une très spectaculaire percée, avec près de 15 % dans le collège francophone belge. Le plus gros score d’un parti membre du GUE est à mettre au crédit des communistes chypriotes, avec 27,5 % des voix (mais seulement deux sièges en raison du faible poids démographique de l’île).

Au Portugal, les partis de gauche radicale, qui soutiennent le gouvernement socialiste (le Bloco et le Parti communiste) ont obtenu 17 % et quatre sièges à eux deux, un résultat stable par rapport à 2014. En Belgique, la gauche radicale a même fait une percée, avec le Parti du travail (un siège). Dans un paysage politique atomisé, il a rassemblé plus de 5 % des voix et séduit les jeunes avec son slogan «la gauche qui pique contre l’Europe du fric».

On constate aisément qu’au niveau européen la gauche radicale est fortement « union de la gauche »  mais peut-on supposer que l’élue d’une poignée de voix de Varoufakis va siéger avec Syrisa (et même question pour France insoumise) ?

A suivre, et en attendant je relaie une lettre à Mélenchon de J-Luc Gonneau du site gauche cactus que je fréquente souvent et que j’aime bien pour sa sincérité et son humour. Par le titre on devine qu’il s’agit toujours de l’option «union de la gauche» que je conteste mais avec qui il est impératif de dialoguer.

J-P Damaggio

Lettre à Mélechon : Gonneau