Encore en 1900 L'Intransigeant est profondément antisémite mais ils n'ont pas oublié Cladel. Et le Moissagais Manau était en effet un de ses amis. J-P Damaggio

 

L’Intransigeant 2 octobre 1900

 Gaga Manau

Manau enfin est retrouvé. Une personne à même d'être bien renseignée confirme la nouvelle du passage à Bruxelles du plus fripouillard des magistrats.

Ami d'enfance de Léon Cladel, le procureur général près la Cour de Cassation, se trouvant en voyage, n'avait pu résister au désir d'assister, au théâtre du Parc, à la représentation de la Vies des noces, d'Alexandre Dumas, Mlle Esther Cladel devant débuter dans cette pièce.

On ne sait précisément au juste ce qu'a pu faire Manau pendant sa fugue de trois mois. On a bien appris qu'il avait été l'hôte, pendant plusieurs jours d'un jurisconsulte, M. Edmond Picard ; mais plusieurs jours, cela ne fait pas trois mois.

D'une façon très réservée, voire très embarassée, les amis du sieur Manau, de crainte d'avoir à trop s'expliquer sur Is singulière absence du complice de Bard et de Loëw, annoncent simplement que celui-ci a réintégré son domicile sans tambour ni trompette et qu'il se trouve depuis hier soir à Paris.

Néanmoins, par une bizarre coïncidence qui frappera certainement les esprits les moins prévenus sur l'état mental du déplorable gâteux qui termina sa carrière de magistrat par l'acte le plus criminel et le plut honteux, le Siècle, qui fait profession d'admiration pour Manau, en sa qualité de feuille d'égout, nous apprend qu'il est question de le mettre à la retraite et semble verser un pleur sur la fin de cet ignoble produit de notre magistrature tarée.

Mais alors la lumière éclate. Manau est dans un état complètement comateux.

Gnouf ! Gnouf ! Zo ! Zo ! Ga ! Ga !

On n’entendra plus désormais dans les prétoires l’éloquence intéressée de cet ami du capital juif. Malgré son plus extrême désir, le gouvernement' ne pourra plus conserver en fonctions cette pourriture en décomposition.

Il paraît que Manau, en ces dernières années, avait ainsi l’habitude de disparaître sans laisser d’adresse.

Cette fois le ministère l’a réellement fait rechercher et a fait ramener à son domicile cette loque dreyfusarde, cet abject porte-drapeau du cosmopolitisme et de la pègre juive.

Voici, au surplus, une interview tirée du Gaulois qui dissipe tous les doutes sur l’inquiétude qu’a pu causer à son entourage la dernière escapade de Manau :

Un bravé brigadier de gendarmerie d’un canton de l'Isère est allé trouver un de nos amis et lui a dit :

— Monsieur, vous qui êtes ancien magistrat, dites-moi ce qu’il faut faire. Voici la dépêche que j’ai reçue, me prescrivant de rechercher M. Manau, procureur général près la Cour de Cassation. On ne sait pas ce que ce monsieur est devenu.

C’est fini. Manau requiert sous lui. Il mange ses dernières bouillies.

Adolphe Possien