François Mazenc

François_Mazenc_le_coup_d'Etat_dans_Aveyron

(la photo est sur ce livre)

Pour lire ce livre, en 1994 je l’ai photocopié page par page, aux Archives départementales de l’Aveyron. Le relire aujourd’hui me procure une drôle d’impression.

A l’époque je découvrais tout et n’imaginais pas l’ampleur de la révolte dans l’Aveyron même si avec le livre de Louis Erignac j’avais eu quelques informations.

A présent je le lis avec plus de distance.

Il s’agit du témoignage d’un des acteurs de la révolte qui explique en fait qu’il a été gracié de sa condamnation en Algérie, suite au mariage de Louis Napoléon en 1853.

Mazenc

«En 1853, Bonaparte, arrivé à l'Empire, songea à perpétuer la race de Bohême qu'il représentait, et se maria. Il voulut singer les rois, et fit grâce à ceux auxquels il aurait dû lui-même demander grâce. Alors tous ces hommes rentrèrent en France, où ils furent placés sous la surveillance de la police, qui leur fit pendant bien longtemps des misères.»

Gracié sans autre condition ?

Sur le Maitron la présentation est sommaire.

« Né en 1812 à Cantaranne (Rodez). Domicilié à Rodez comme agent-voyer. Membre de la commission constitutionnelle provisoire, il fut arrêté puis condamné à l’Algérie Plus. Sous la Troisième République, il fut élu conseiller général et conseiller municipal de Rodez. Une rue du chef-lieu aveyronnais porte aujourd’hui son nom. »

 Il publie donc son témoignage en 1872 et se lance à nouveau dans la lutte politique.

Le Temps du 10 novembre 1877 indique :

« Aveyron. 1ère circonscription de Rodez.

Député sortant, M. Azémar, bonapartiste, élu par 6,280 voix contre 3,936 à M. Mazenc. En 1877, M. Azémar aura deux concurrents républicains cette fois M. Mazenc, publiciste, qui avait déjà soutenu la lutte l'année dernière, et M. Rodat, propriétaire. Il y a accord entre ces deux candidats pour reporter, en cas de scrutin de ballotage, sur celui qui aurait le plus grand nombre de voix, les suffrages de l’autre. »

La Justice du 22 mai 1881 annonce :

« Nous apprenons la mort de M. François Mazenc, directeur du Républicain de l’Aveyron, conseiller municipal de Rodez, conseiller général de l'Aveyron et président de la commission départementale. Au coup d'Etat de 1851, M. Mazenc fut poursuivi en raison de ses opinions et condamné au bannissement par la commission mixte de l'Aveyron. En 1870, il fut lieutenant-colonel des mobilisés de l'Aveyron; après la guerre, il fonda le Républicain, et devint bientôt chef du parti républicain dans son département.

Aux élections de 1876 et de 1877, il soutint la lutte contre le candidat réactionnaire, M. Azèmar, qui fut élu. M. Mazenc jouissait d'une grande popularité à Rodez. Ses obsèques ont eu lieu avant-hier, au milieu d'un grand concours d'amis. » J-P Damaggio