Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

"Charles Caussanel : Né le 18 septembre 1838 à Sauveterre (Aveyron), mort à Sauveterre le 29 octobre 1925. Député de l'Aveyron de 1893 à 1898.

 Négociant en vins, adjoint au maire (16 mars 1878), puis maire (23 décembre 1888) de sa ville natale, conseiller général du canton de Sauveterre depuis le 1er août 1886, Charles Caussanel se présenta aux élections générales législatives des 20 août et 3 septembre 1893 dans la deuxième circonscription de Rodez. Dans sa profession de foi, il se rangeait, parmi ceux qui entendaient «arracher notre pays à la réaction». «Partisan convaincu d'une République progressive, tolérante, respectant toutes les croyances et s'appuyant sur un Gouvernement fort, seul capable d'assurer l'ordre et le progrès», il annonçait que, républicain de tout temps, il voterait toujours en républicain et qu’enfant du peuple, il s'associerait à toutes les mesures tendant à donner aux fils des travailleurs les moyens de s'élever par leur mérite. Après avoir talonné au premier tour de scrutin, avec 4.379 voix le député sortant conservateur Gaston Roques, qui en obtenait 4.504, il le distança nettement au scrutin de ballottage: tandis que, sur 13.716 votants, Roques recueillait 5.928 suffrages, il en obtint lui-même 7.681. Au Palais-Bourbon, il ne se fit pas entendre en séance publique et ne déposa aucun texte. Est-ce à cet effacement qu'est dû son échec à la consultation générale de 1898 ? Le 8 mai, si 6.105 électeurs, sur 14.049 votants, lui restèrent fidèles, 7.872 lui préférèrent l'un de ses anciens concurrents de 1893, l'avocat Edouard Gaffier, qui fut ainsi appelé à lui succéder dès le premier tour de scrutin. Charles Caussanel est décédé dans sa cité natale, le 29 octobre 1925, à l'âge de 87 ans."

 Acte de naissance

Le 18 septembre 1838 à Sauveterre c’est Jean-Louis Antoine Caussanel, 28 ans chaudronnier annonce la naissance de Charles Louis Antoine, sa femme est Mme Jeanne Muratet 26 ans (il signe).

D’autres naissances interviendront : le 18 mars 1843 Jean-Louis Caussanel chaudronnier 32 ans et jeanne Muratet 30 ans donnent naissance à Marie-Jeanne Catherine et en 1846 c’est la naissance d’une autre fille, Marie Jeanne Léonide

Leur mariage est intervenu le 29 janvier 1837 :

Le marié, Jean Louis Antoine Caussanel maitre  chaudronnier né à Sauveterre le 20 février 1809, Fils majeur de Jacques Antoine Caussanel marchand et de Catherine Mouly sans profession

La mariéé : Jeanne Muratet sans profession née dans la même ville le 11 novembre 1811 fille de jean Baptiste Barthélémy Murat propriétaire et de Marie Gasquet décédée le 12 novembre 1811.

 Le député est donc fils d’un insurgé de 1851 et triste retour de l’histoire il sera en conflit avec le neveu d’un autre insurgé de 1851, l’ancien maire ! JPD

 « Le Pays 23 avril 1896

LE PRIX D'UN VOTE

Divers journaux avaient déclaré que M. Caussanel, député de l'Aveyron, avait voté le projet d'impôt sur le revenu, présenté par le gouvernement, gagné par diverses promesses à lui faites par le gouvernement. M. Caussanel répond alors par l’intermédiaire de l'Agence nationale qu'il avait voté cet impôt pour être d'accord avec le sentiment de ses électeurs dont le projet ministériel favorisait les intérêts matériels. Le Matin vient de publier une lettre d'un juge de paix démissionnaire à l'adresse du garde des sceaux. La voici:

Sauveterre, 16 avril 1896

Monsieur le ministre,

J'ai l’honneur de vous adresser ma démission de juge de paix. Je ne puis, en effet accepter le déplacement que vous m'infligez, à la suite de mon conflit avec M. Caussanel (Charles) député. Ce n'est pas la première fois que ma famille connaît les rigueurs administratives.

En 1851, M Magne, maire de Sauveterre, mon oncle, était déporté à Lambessa, où il mourait, et ma mère était brutalement révoquée de ses fonctions de receveuse des postes.

Je vais essayer de porter l'affaire devant le public, que je ferai juge.

Veuillez agréer, monsieur le ministre, avec ma démission de juge de paix, l'hommage de mon profond respect.

LACAN,

Juge de paix démissionnaire de Sauveterre (Aveyron).

 Ce juge de paix exerçait ses fonctions dans l'arrondissement représenté à la Chambre par M. Caussanel.

Le Matin ajoute que, dans le courant du mois de février, procès-verbal avait été dressé contre le député de la 2ème circonscription de Rodez, qui est marchand de vin. Le lendemain du jour où M. Caussanel vota l'impôt sur le retenu, l'agent verbalisateur était envoyé à Arbois, dans le Jura ! »

Inutile de préciser que Le Pays n'aimait pas les républicains et l'impôt sur le revenu qui ne sera instauré que bien des années après, grâce à une lutte de Jean Jaurès. JP Damaggio