Aujourd’hui les commentateurs chiffrent à 17 milliards d’euros les gains des gilets jaunes. Avec la carotte il y a eu le bâton : combien d’euros dépensés en matière de répression ? Est-ce qu’ils sont inclus dans les 17 milliards ?

Sur cette carotte les gilets jaunes restent discrets sauf à répéter qu’il s’agit de miettes.

Sur cette carotte les commentateurs sont volubiles puisqu’elle explique les besoins d’argent de l’Etat en matière de caisse des retraites ! « Vous avez-voulu avoir plus, alors vous travaillerez plus ! » Quand il a donné d’une main, le pouvoir a dit : pour le financement (c’est-à-dire reprendre de l’autre main) on verra plus tard.

Bref, ces quelques mots pour un exemple. Macron avait été indiqué le 9 décembre 2018 :

«Les retraités constituent une partie précieuse de notre nation, pour ceux qui touchent moins de 2000 euros par mois, nous annulerons en 2019 la hausse de CSG subie cette année. L’effort demandé était trop important, et il n’était pas juste.»

Impossible de savoir s’il s’agissait d’un montant brut ou net. En fait la CSG est calculée sur le revenu fiscal de référence (RFR) donc c'est lui qui compte. Il existait trois taux de CSG distincts, selon le niveau du RFR (les seuils mentionnés sont ceux qui seront appliqués au 1er janvier 2019).

Un retraité seul ayant un RFR inférieur à 11 128 euros était totalement exonéré de CSG.

Un retraité ayant un RFR compris entre 11 129 euros et 14 548 euros bénéficiait de la CSG à taux réduit (3,8 %).

Enfin, un retraité ayant un RFR supérieur à 14 548 euros payait la CSG à taux plein, soit 6,6 % qui a été augmenté de 1,7 point au premier janvier 2019.

Désormais, à partir de janvier 2019 un quatrième taux existe. Les retraités (célibataires) ayant un RFR compris entre 14 548 euros et 22 354 euros verront donc la hausse de 1,7 point de CSG annulée. Ils retrouveront un taux de 6,6 %.

Un retraité ayant un RFR supérieur à 22 354 euros continuera lui de payer le taux maximal (8,3 %).

La Contribution Sociale Généralisée est née en 1991 pour financer la Sécurité sociale et l’Assurance chômage au taux de 1,1%. L’histoire de son augmentation est une histoire qui semble infinie.

 Il se trouve que j’ai eu une réduction de CSG d’environ 300 euros pour cette année. De plus, comme tout citoyen je ne paie pas la taxe carbone qui constitue sans doute une économie encore plus forte. Bref, il existe des gains… temporaires mais réels.

Ainsi revient au devant de la scène un débat de 68 : lutter pour une augmentation des salaires (ou toutes autres finances en plus) ou lutter pour changer le fonctionnement du système (la révolution) ?

Il faudrait analyser l’apparition exacte de la revendication du RIC mais j’ai la sensation que les déclarations de Macron du 9 décembre ont joué un rôle. Vu qu’il apportait des satisfactions financières (minimes ou minimisées) il fallait aller plus loin même si dès le départ le discours « Macron démission » était présent. J-P Damaggio