pignon ernest et montauban

Comme je l’ai évoqué depuis longtemps sur ce blog, Ernest Pignon Ernest est passé par Montauban et ce fait se retrouve dans l’expo d’Avignon avec la photo ci-jointe et la présentation ci-dessous.

 Ingres et les modernes, Montauban, 2009

Pierre noire sur papier 93X57 cm

Photographie, sérigraphie en situation

Je dessine et colle sur la façade de la cathédrale de Montauban Les Ages du Vœu de Louis XIII – le tableau est à l’intérieur de l’édifice. A l’échelle des évangélistes qui se dressent sur le fronton, ces immenses dessins s’inscrivent dans le prolongement de ce que j’avais entrepris deux ans plus tôt pour mon exposition « Situation ingresque » au musée Ingres de la ville. Il s’agissait d’interroger le processus d’élaboration des œuvres du peintre en faisant référence à ses esquisses successives. Ces dessins furent en partie déchirés par des intégristes qui n’avaient de problème qu’avec le sexe des anges.

 

Dans Face aux murs deux personnes évoquent la question. Commençons par Florence Viguier, la conservatrice du musée, qui est à l’origine de ce pont Ingres- Ernest Pignon Ernest, après le pont non moins magnifique : Ingres – Henri Cueco. Rappelons que ce pont n’est pas artificiel vu qu’il repose sur les très nombreux dessins qu’Ingres a légués à sa ville natale et qui sont au musée.

Florence Viguier a intitulé son texte entre chair et tissus. De manière pédagogique elle expose l’immersion d’Ernest Pignon Ernest dans Ingres, dans l’architecture de la cathédrale ce qui confirme de manière précise le travail habituel du dessinateur. Jusqu’à la finesse du papier collé «qui a d’ailleurs pu faire croire à certains qu’il s’agissait de fresques ».

Quand, par hasard j’ai découvert les dessins, j’ai cru en effet à des fresques mais reconnaissant aussitôt la marque Ernest Pignon Ernest, j’ai compris.

Et le texte rappelle que si Pignon Ernest a vu le sexe de ses anges caché par un papier blanc, Ingres avait vu en 1826 des feuilles de vignes posées chastement, en papier doré, sur le sexe de l’Enfant Jésus et des deux angelots du bas de son tableau. « Il n’obtint la suppression de ces cache-sexes maladroits que bien plus tard, sur intervention de l’évêque. »

Elle termine un texte érudit par ce constat que je partage : «Par cette prise de possession qui est, somme toute, une transgression, il nous fait prendre conscience que le dessin est peut-être aujourd’hui le territoire où l’art s’invente.»

Martial Raysse que je ne connais pas dira dans un texte bref, son émotion.

Ernest Pignon Ernest et Montauban est une preuve, s’il en fallait une, de l’immense connaissance accumulée par Ernest Pignon Ernest sur la peinture. Au débat d’Avignon il indiquera que la différence nette entre une peinture et un dessin, c’est que la peinture est datée tandis que le dessin ne l’est pas. Dans l’expo d’Avignon, en plus des interventions, il y a des esquisses qui montrent le travail du dessinateur, le dessin en train de se faire. J-P Damaggio