lamennais divine comédie

Comment passer d’un chanteur occitan à Lamennais ? 1851 à Sauveterre bien sûr !

Le chanteur occitan reprend à la fin du portrait une chanson traditionnelle utilisée par Rozier et de là j’ai eu envie de compléter un travail sur le traitement infligé par Louis Bonaparte aux élections municipales. Dans une étude précédente j’avais évoqué la position de Lamennais pour qui la commune devait être le pivot de la constitution de la Seconde république. Ayant échoué dans son souhait décentralisateur il démissionna de la commission qui finalement opta pour l’élection du président de la république au suffrage universel direct. Sur Gallica j’ai demandé à tout hasard, municipales 1852 et je suis tombé sur cette critique de Lamennais traduisant Dante !

Lamennais le sait, il est à l’article de la mort mais il travaille sans cesse à sa traduction de la Divine Comédie et surtout à l’introduction de sa traduction. Depuis le coup d’Etat toute parole déplacée l’enverra en prison ce qui ne l’empêchera pas de dire : « Le prêtre, le soldat et le mouchard, voilà la base du régime. » En s’attelant à la traduction de la Divine comédie et surtout à la rédaction de son introduction, comme tant d’autres il quitte la bataille politique impossible pour les études intellectuelles. Etudes qui renvoient à la question des communes et le cas italien est parlant.

Le 16 janvier 1854 il s’alite définitivement et le 27 février il meurt. Ses amis réussiront à exaucer ses dernières volontés : enterrement civil dans une fosse commune.

Le texte ci-joint présente le ca s de Dante en 1856, et démonte le travail de Lamennais : l’inverse serait étonnant vu l'époque. Je ne peux le juger n’étant pas assez versé dans les connaissances dantesques et dans la lecture de Lamennais.

 Il m’arriva de croiser Dante surtout à travers Serge Maggiani au cours d’un spectacle inoubliable à Avignon (2015). J-P Damaggio

Lamennais_et_Dante

J'apprends : Arthur Rimbaud a sûrement lu l'“Enfer” de Dante dans la traduction de Lamennais. Dans son article Rimbaud lecteur de Dante, Jacqueline Risset explique que la façon dont Lamennais a traduit les vers de Dante en petites strophes non rimées, a sans doute influencé la forme d'Une saison en Enfer, proche du verset biblique.