Audin et Pignon-Ernest

En rangeant aujourd'hui je tombe sur cet article :

L'Humanité 9 mai 2003

Ernest Pignon-Ernest a créé une image de Maurice Audin torturé à mort pendant la bataille d'Alger, en 1957, image tirée en sérigraphies qu'il a collées, début avril, sur les murs de la capitale algérienne. Parcours-mémoire Audin dans l'Algérie d'aujourd'hui où le jeune mathématicien communiste, même si une place porte son nom comme «martyr» de la guerre d'indépendance, reste pour beaucoup un inconnu. Le collage par le plasticien lui-même deviendra, grâce aux photographies prises dans le vivant des lieux, une œuvre présentée parmi d'autres, à l'automne, dans le cadre d'une exposition itinérante Paris-Marseille-Alger réunissant des peintres algériens et français.

Sur ce travail en cours, sur ses raisons du choix de Maurice Audin, Ernest Pignon-Ernest dialoguera avec le public, lors d'un café des Amis de l'Humanité, le mercredi 1 mai, à 19 heures, au Café du Croissant (Paris, 146, rue Montmartre, métros Grands-Boulevards ou Sentier, renseignements au secrétariat des Amis 01 49 22 74 17.

La femme de Soweto

Une femme noire, immense, tenant dans ses bras un homme au regard puisé, perdu, brisé par le sida : cette sérigraphie d'Ernest Pignon-Ernest collée sur les murs souvent dégradés de Soweto et de Warwick, quartier le Durban (Afrique du Sud) se retrouve, actuellement, avec une série de photographies sur les cimaises de la galerie Lelong (1). L'image reprend celle que le plasticien avait déjà réalisée contre l'apartheid, la même femme noire tenant dans ses bras un jeune manifestant tué par la police d'Afrique du Sud.

Pierre Barbancey, grand reporter à l'Humanité (il a couvert la guerre anglo-américaine en Irak), et qui a eu le privilège de découvrir les sérigraphies sur place, à Soweto, est l'auteur de la préface du catalogue de l'exposition. «Ernest Pignon-Ernest, écrit-il, ne se veut pas simple spectateur des laideurs et des beautés, des souffrances et des bonheurs des hommes. Son trait agit comme une caresse, un baume. » Cette exposition entre dans le parcours pictural qu'Ernest Pignon-Ernest a engagé depuis trente ans et qui l'a conduit également à Santiago du Chili et à Naples.

P. Y.

1) Galerie Lelong, 13, rue de Téhéran, Paris 8'. L'exposition est visible jusqu'au 16 mai, du mardi au vendredi de 10h30 à 18 h00 et le samedi entre 14 h00 et 18h30.