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Voici la présentation des nouvelles révélations au sujet d’affaires légales… et juteuses pour beaucoup de bonnes consciences. J-P Damaggio

 Journal L'Express île Maurice

Après les Panama Papers, les Offshore Leaks et les Paradise Papers, le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) a publié aujourd’hui, mardi 23 juillet à 8 heures (heure de Maurice) les Mauritius Leaks. 200 000 documents, e-mails, contrats, bandes-son confidentiels qui émanent d’une Management Company dirigée par trois Mauriciens, à Ébène. Depuis des mois, «l’express», partenaire du projet, et 40 journalistes du monde entier consultent ces documents. Verdict : Maurice – soi-disant une «clean jurisdiction» – s’attire les foudres de plusieurs pays.

 Une enquête de 40 journalistes dans 18 pays

 Will Fitzgibbon, responsable du projet, montrant la clé USB contenant les 200 000 documents qui vont constituer les Mauritius Leaks.

C’est l’histoire d’une clé USB envoyée anonymement à l’ICIJ. Elle contient plus de 200 000 documents du bureau mauricien de la société Conyers Dill & Pearman (CDP), que le Consortium baptise Mauritius Leaks. Cette société, fondée aux Bermudes en 1928, se vante d’être la toute première compagnie offshore de l’histoire. En 2017, trois Mauriciens, employés de CDP, rachètent la branche mauricienne et la rebaptisent Venture Corporate Services (VCS).

 Sameer Tegally, Ashvan Luckraz et Sonia Xavier sont en passe de devenir aujourd’hui les avocats d’affaires mauriciens les plus connus du monde. VCS et Conyers Dill & Pearman ne seront sans doute pas aux Mauritius Leaks ce que Mossack Fonseca aura été pour les Panama Papers, révélés eux aussi avec éclat par l’ICIJ en 2016. Les documents ne démontrent pas des pratiques illégales, comme dans le cas des Panama Papers, mais ils suffisent pour démontrer le modus operandi traditionnel – et légal – des Management Companies mauriciennes pour aider leurs clients à fuir les taxes élevées dans leurs pays d’opération. Tout en garant leurs fonds à Maurice, où les sociétés offshores ne sont taxées qu’à hauteur de 3 % maximum.

 Ces révélations choquent le monde, mais particulièrement les pays afri- cains avec qui Maurice a signé des traités de non-double imposition. «Maurice est en train de nous priver d’impôts essentiels. Avec cet argent, nous aurions pu construire des écoles ou des routes», regrette un responsable fiscal ougandais, cité par l’ICIJ. Aux quatre coins de l’Afrique, c’est le même refrain. «Maurice n’est pas un gateway (portail) de l’investissement vers l’Afrique, mais une getaway car (voiture de fuite) pour les corporations peu scrupuleuses qui ne veulent pas assumer leurs responsabilités fiscales», explique Alvin Mosioma, directeur exécutif de l’organisation non gouvernementale Tax Justice Network Africa.

 Ces derniers mois, 40 journalistes de 18 pays, dont ceux de l’express, ont fouillé cette masse de documentation. Nous avons trouvé des astuces et des conseils fiscaux, les uns plus créatifs que les autres

 Voir article sur l’express ( de l’île Maurice)

Voir article sur Le Mauricien