En 1974 j’ai passé la frontière à Laredo : d’un côté el rio Grande et de l’autre el rio bravo. Le choc immense : d’une civilisation à l’autre ! J’étais encore sous l’effet terrible du coup d’Etat au Chili et je me retrouvais dans une autre Amérique latine.

Les années ont passé sans jamais oublier, et c’est seulement à partir de 1994 que l’Amérique latine est devenue un continent à ma portée.

Découvrir aujourd’hui, plus fortement que jamais, que Mélenchon est un Latino-américain m’a poussé à poster trois messages sans commentaires.

Aujourd’hui, la chaleur aidant, je prends une petite heure à vous raconter une histoire.

C’est au tournant des années 2000 que subitement, avec la crise Argentine Mélenchon alors ministre délégué (du 27 avril 2000 au 6 mai 2002), découvre le slogan d’alors « Qu’ils s’en aillent tous » dont dix ans après, il fera un livre avec ce titre, quand il s’imaginera en grand balayeur d’une classe politique qu’il connaît par cœur. Courageux le personnage car il va se couper de l’essentiel de ses amis ! En effet, à part l’intermède gouvernement il a été sénateur du 2 octobre 1986 au 7 janvier 2010 !

 

Est-ce qu’il connaît la vie politique du Mexique ? Mélenchon n’a vécu que dans les cercles du pouvoir et pour lui, la vie politique, c’est d’abord les cercles du pouvoir donc il est au Mexique pour se dire que le nouveau président AMLO est un ami à lui. Au cours de l’entretien avec Paco Ignacio Taibo II, ce dernier fera rire la salle pendant que Mélenchon la fera applaudir en célébrant Cristina, Rafael, Hugo. Je m’étonne qu’il ne mette pas dans le lot Daniel, le Daniel Ortega du Nicaragua qui dirige le pays d’une main de fer. Mais le Mexique regarde très peu vers le sud mais seulement vers le nord !

 

Manifestement ce qui mobilise Mélenchon ce sont moins les réalités politiques que les couloirs politiques. Qu’ont-ils fait de génial les Correa en Equateur, les Cristina en Argentine, les Lula au Brésil et les Chavez au Venezuela ? Chavez a été le plus conséquent quand par exemple il a créé Télé Sur pour contrer CNN mais les autres ? Dilma Roussef a été balayé par celui qu’elle avait choisi comme vice-président !

 

Mais revenons au Mexique. AMLO a pris des mesures utiles comme l’abandon d’un immense aéroport ou d’une nouvelle mine d’or. Mais dans le même temps il a obéi aux ordres de Trump demandant la diminution de l’immigration. Ceci étant le dossier majeur du Mexique est celui du crime organisé. Si AMLO est au pouvoir c’est uniquement parce que les autres partis n’ont pas pu résoudre ce problème. S’il échoue le pays va plonger encore plus dans le trou noir de la mort.

 

Les victoires de Cristina, Rafael, Hugo et Lula ne furent jamais les victoires de leurs projets politiques mais des victoires par défaut ! Rappelons que le mode de scrutin au Mexique permet à celui qui est arrivé en tête au premier tour de gagner. Même si le score a été conséquent, il n’a pas atteint le 50%  et les élections qui arrivent vont nous dire si son parti s’incruste ou si l’électorat est déjà déçu.

 

Mélenchon dans ce contexte est devenu évasif, flou avec une forte tendance à devenir creux. Un des moments du débat avec Paco Ignacio Taibo II a été éclairant. Ce dernier, dénonçant le marxisme de Neandertal plus communément connu sous le nom de stalinisme en appelle à la réinvention de la gauche et ça sera difficile et il y aura des échecs mais, des échecs, on va apprendre. Là Mélenchon fait la mauvaise tête et à sa reprise de parole il indiquera que Paco est un optimiste, car visiblement, il n’aime pas cette idée de l’échec formateur, et alors Paco le coupe en lui demandant s’il connaît la différence entre le pessimiste et l’optimiste et Mélenchon est un peu embêté par cette question et aussi par la réponse : « Le pessimiste souffre avant, pendant et après tandis que l’optimiste ne souffre qu’après ». En fait l’optimisme de Paco lui vient de son sens de l’humour qui n’est pas le point fort de Mélenchon.

 

Mélenchon répond à une question : vu les gilets jaunes pourquoi le RN a gagné et non pas France insoumise ?

Il fait un grand détour social pour expliquer que la classe moyenne n’arrive pas à s’unir au peuple. Alors, construire un front populaire. Et vive le processus constituant qui n’est pas à l’ordre du jour au Mexique. Le processus constituant a été l’œuvre de Chavez puis de Correa. Mélenchon sera alors tel qu’on le connaît en France quand il «célèbrera» les gilets jaunes. L’échec vient des syndicats qui n’ont pas joué leur rôle. Pour gagner, il suffit que France insoumise travaille plus ! Et il indique à la fin que beaucoup de membres de France insoumise ont participé mais «nous avons donné la consigne claire et ferme que nous ne dirigions pas le mouvement ».

Il parle en général d’armée comme si les membres de France insoumise avaient besoin de directives pour conduire leur action ! Et quant aux gilets jaunes ils ne s’occupaient pas beaucoup des partis !

En fait il ne répond pas à la question par le fait simple qu’il oublie la demi victoire du RN !

 

Il a été nul sur l’islamisme politique.

Et le Mexique ? Paco constate qu’il peut être intelligent pendant 1 h 35 mais pas davantage alors le débat fut clos. J-P Damaggio