durand de gros (2)

En 1851 le maire de Sauveterre fut parmi les résistants au coup d’Etat. Il fut envoyé en Algérie où Durand de Gros fit le discours sur sa tombe. Durand de Gros n’accepta jamais les faveurs de Napoléon III qui a gracié les condamnés à condition qu’ils signent un engagement à se tenir tranquilles. Donc il resta en Algérie jusqu’en 1857.

De lui je suis passé au cas de son fils déjà évoqué sur ce blog.

Un digne fils de son père car tout aussi indépendant, tête, démocrate et  républicain.

Il s’agit d’une famille d’intellectuels aveyronnais dont le père fit des agriculteurs talentueux. Il voulut même créer un phalanstère mais n’y a jamais été autorisé. S’ils s’appellent de Gros c’est seulement à titre indicatif (le lieu-dit de leur propriété), pour ne pas les confondre avec tant d’autres Durand.

Donc le fils a baigné dans le patois local toute son enfance avant de chercher la science ailleurs.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là puisque le fils a eue une fille que j’ai déjà croisé sur ce blog sans me rendre compte de ce lien familial vu le nom de militante qu’elle a eue : La citoyenne Sorgue.

Une révolutionnaire qui fut de toutes les grèves !

Un homme s’est passionné pour cette famille, Jean-Michel Cosson. Il a écrit un livre sans éditeur et pourtant un beau livre qu’internet a pu conduire jusqu’à ma bibliothèque car une dame d’Espalion vendait son exemplaire.

Le livre, La trilogie Durand de Gros, apôtres de la science et martyrs de la liberté a été publié en 1993 comme une bouteille à la mer.

Ce livre d’un passionné est aussi celui d’un historien. Il confronte les points de vue tout en célébrant ses héros.

Le père agronome avait vingt domestiques dont les salaires n’étaient pas à la hauteur des attentes mais ne s’agissait-il pas de rumeurs d’adversaires évidents du champion de l’irrigation ?

Le fils devenu grand connaisseur en matière d’hypnotisme n’était-il pas aussi un amateur de tables qui tournent ?

La fille, dans son combat aurait ruiné son héritage.

Tous ont été rangés aux tiroirs de l’oubli car ils étaient tous les trois en dehors des églises et même des chapelles. Le fils devenant un défenseur très critique du félibrige aurait pu rejoindre la chapelle du félibrige rouge sauf qu’elle était fédéraliste et lui non ! Toujours en dehors des clous ! Telle a été leur marque de fabrique. Celui qui signe le livre était un voisin, un proche de cette histoire, seul moyen pour la comprendre, pour la respecter et pour y consacrer sa propre vie. J-P Damaggio