félibre rouge

C’est par Cladel que j’ai découvert en 1990, Louis Xavier de Ricard et Auguste Fourès. Je ne sais plus dans quelle bibliothèque j’ai lu les exemplaires de La Lauseta sans comprendre l’évolution du sous titre :

1877 : Almanac del patriòta lengadocian, 200 p.

1878 : Almanac del patriòta latin, 296 p.

1879 : Publicacion de l’Aliança latina, 125 p.

1885 : Libreton dels Felibres republicans, 100 p.

Etant au pays de Perbosc et à travailler avec Félix Castan c’est par eux que la présence des deux félibres rouges de référence auraient dû entre dans ma vie.

A constater que Joseph-Pierre Durand de Gros, critique affiché du félibrige ne pouvait pas être un félibrige rouge en étant pourtant tout aussi républicain et anticlérical que Ricard-Fourès, j’ai mesuré l’importance de la question du fédéralisme. Ricard a célébré le fédéralisme dans un livre et Durand de Gros a pointé les mérites de la centralisation !

Pour y voir plus clair j’ai relu le livre sur l’épouse de Louis Xavier de Ricard et sa correspondance. Sans surprise j’ai retrouvé Cladel !

Dans une lettre à Fourès Lydie Wilson écrit le 29 mai 1876 :

« Je vous envoie l’adresse de Cladel, une lettre de lui est arrivée quelques minutes après le départ de Louis ; je l’ai ouverte, usant de la permission qui m’est donné [sic]. Il entre à St-Pélagie aujourd’hui ; il a perdu sa place à l’Hôtel de Ville et demande un petit coup d’épaule pour sa publication des « Va-nu-pieds » ; je regrette que Louis ne puisse le faire en ce moment ; c’est avec vous le meilleur ami que Louis puisse avoir. Il demeure : rue Bochard de Sarron n°4.»

Moment crucial de la vie de Cladel qui, condamné pour apologie de la Commune, entre dans la prison de St-Pélagie et perd donc son travail car tout fonctionnaire doit avoir un casier judicaire vierge.

Moment d’autant plus crucial quand on pointe la deuxième mention de Cladel dans la correspondance le 18 février 1877 :

« Louis vous a-t-il annoncé la naissance d’un fils à Cladel ? L’accident très-prématuré est survenu alors que nous dînions chez eux ; c’est l’émotion que j’ai éprouvée qui m’a rendue malade, car, malheureusement je suis très novice en cette matière… Cette pauvre Madame Cladel a failli mourir : son mari était fou, paraît-il ; quant à sa mère, le peu de raison qui lui restait n’a pu résister à ces transes ; on va la mettre dans une maison de santé, d’après l’avis du médecin qui l’estime dangereuse pour les enfants : c’est navrant pour cette brave femme, naguère si saine et si heureuse dans sa ferme du Quercy. Cladel quitte Paris aussi, il cherche aux environs une maisonnette avec jardin (pour ses mioches) et pain et repos pour son travail et son esprit. Je vous parle de lui parce que je pense que vous avez pour lui autant de sympathie qu’il en a pour vous, n’est-ce pas ? »

N’ayant plus de travail à Paris, il va donc s’installer à Sèvres et s’y consacrer à la littérature. Le fils en question est très vite décédé.

Cladel a participé à chacun des quatre publications de La Lauseta. J’apprends que pour le numéro de L’Aliança Latina il a publié une nouvelle que je ne connais pas : Le marquis républicain.

Bref, rien d’étonnant si le message suivant va concerner Léon Cladel. J-P Damaggio