Pierre Péan

Je m’associe au Canard enchaîné pour rendre hommage à Pierre Péan. Je l’ai surtout lu quand il a publié «La Face cachée du monde» avec Philippe Cohen que j’avais rêvé d’inviter à Montauban. Il avait été d’accord mais le projet n’a pas eu de suite. Qui a invité Pierre Péan pour présenter ses livres ? Peu de gens j’imagine car il était trop indépendant pour plaire aux cases et castes instituées.

J-P Damaggio

P.S. Je n'ai pas su lire le nom du dessinateur

 Le Canard enchaîné

PIERRE PÉAN n'aura plus à pester contre ceux qui le qualifiaient de «journaliste d'investigation». Il est mort le 25 juillet à 81 ans et n'aimait pas ce vocable, qu'il trouvait trop connoté «auxiliaire de justice», pour ne pas dire justicier. Il préférait parler de journalisme «d'enquête», celui qui se penche sur les faits, «rien que les faits».

Il était donc assez logique qu'en 1979, aux côtés de Claude Angeli, il ait pu contribuer à sortir l'affaire des diamants de Bokassa dans « Le Canard ». C'était un coup brillant, dans tous les sens du terme. Les cadeaux de l'empereur de Centrafrique à Giscard d'Estaing en fin de règne ont alors fait grand bruit.

D'autres enquêtes sur la Françafrique ont suivi, d'autres scoops aussi, avant que celui qui disait se rêver en Tintin choisisse d'autres chemins, ceux notamment de près d'une quarantaine de livres, dont plus d'un, d'« Une jeunesse française » (celle de Mitterrand) à « La face cachée du "Monde" », a connu un succès retentissant, comme son premier coup d'éclat des diamants.

« Le Canard » salue celui qui fut l'un des siens et présente à sa famille toutes ses condoléances.